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Le secret d’un centre-ville tout propre

Une brigade propreté au travail 7 jours sur 7 de 8 h à 21 h fait de cette zone une enclave sans déchet

brigade nettoyage
Photo Chantal Poirier Pierre Dupré, Mario Lévesque et Patrick Deluy sont connus de tous les commerçants du bout de centre-ville qu’ils nettoient depuis cinq ou six ans.

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À l’intérieur de Montréal, le journaliste Louis-Philippe Messier se déplace surtout à la course, son bureau dans son sac à dos, à l’affût de sujets et de gens fascinants. Il parle à tout le monde et s’intéresse à tous les milieux dans cette chronique urbaine.


Au dégel du printemps, Montréal s’avère crottée. Tout Montréal ? Non. Le cœur de son centre-ville résiste mystérieusement à l’envahissement de la saleté.

Autour du rectangle formé par Saint-Urbain à l’est, Atwater à l’ouest, Saint-Antoine au sud et Sherbrooke au nord, il n’y a pas de frontière, mais c’est tout comme.

Dans la zone dont je parle, c’est propre. Vous en sortez, c’est sale. 

Éberlué, récemment, je circulais sur la rue Saint-Catherine près du Quartier des spectacles, en scrutant le sol : pas un débris. Pas même un mégot. Sur près d’un demi-kilomètre.

Sur Sainte-Catherine près du Quartier des spectacles, pas un déchet en vue sur le trottoir, malgré l’achalandage.
Photo Louis-Philippe Messier
Sur Sainte-Catherine près du Quartier des spectacles, pas un déchet en vue sur le trottoir, malgré l’achalandage.

« On n’attend pas la corvée du printemps parce que nos nettoyeurs travaillent 13 heures par jour, chaque jour, hiver comme été », s’enorgueillit Glenn Castanheira, le directeur général de la Société de développement commercial (SDC) Montréal centre-ville. 

« Il faut une présence constante »

La zone nettoyée, c’est donc celle de Montréal centre-ville... qui dépense près d’un million par année pour une « brigade propreté » d’une vingtaine d’hommes, soit environ le quart de son budget, selon M. Castanheira.

Ironique quand même que les cinq kilomètres carrés les plus achalandés de l’île semblent les seuls décemment tenus et présentables dès les premiers jours du printemps.

La rue Sainte-Catherine Est à l’angle de Cuvillier ne reluit pas de propreté.
Photo Louis-Philippe Messier
La rue Sainte-Catherine Est à l’angle de Cuvillier ne reluit pas de propreté.

« Notre brigade fait le ménage du centre-ville en plus des cols bleus de la Ville parce qu’il faut une présence constante et du jus de bras pour veiller à ce que les poubelles ne débordent pas et à ce que les déchets ne s’accumulent pas ou pour déblayer les intersections après le passage des grattes en hiver », ajoute M. Castanheira.

Il affirme avoir récemment demandé 150 000 $ d’aide à la Ville pour sa brigade... mais il a essuyé un refus. 

Facilement reconnaissables

Dans leur uniforme bleu marqué « Pour l’amour propre du centre-ville », les brigades ont bonne mine, sont reconnaissables, visibles. Tout est fourni : bottes, pantalons, manteaux, tuques, gants, équipement bien sûr. « Il n’y a que les sous-vêtements que nous ne fournissons pas », blague M. Castanheira.

Les premières équipes commencent leurs quarts à 8 h et les dernières le finissent à 21 h.

Pendant la canicule ou par grand froid, les équipes se réfugient un quart d’heure par heure dans les centres commerciaux.

Tâche sans fin

« On ramasse n’importe quoi, des petites culottes, des rats et des pigeons morts, des brosses à dents et beaucoup, beaucoup de tasses de café jetables à moitié bues », me dit Pierre Dupré, 62 ans. « Quand je rentre chez moi dans Rosemont–La Petite-Patrie, je sursaute en voyant les déchets partout, la différence avec ici est incroyable ! » s’enthousiasme Mario, 60 ans.

Le Plateau a beau être un quartier touristique, son état post-printanier ne lui fait pas honneur, comme ici à l’angle des rues Saint-André et Rachel.
Photo Rachelle Mc Duff
Le Plateau a beau être un quartier touristique, son état post-printanier ne lui fait pas honneur, comme ici à l’angle des rues Saint-André et Rachel.

« Tu dois allonger le doigt sur le manche de ton petit balai si tu veux que ta twist de poignet soit plus efficace pour soulever les mégots et les entrer dans ton ramasse-poussière », m’explique Patrick Deluy, qui m’observe travailler.

M. Deluy supervise plusieurs équipes et dit marcher environ 15 km par jour. 

« Tout le monde nous connaît par nos prénoms et nous salue », me dit Pierre.

Quelques minutes après avoir balayé un trottoir du boulevard de Maisonneuve, je reviens sur mes pas. Déjà, de nouveaux mégots sont apparus.

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