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Sur la route avec Bashō: inspiré par les haïkus japonais

GEN - DANY LAFERRIÈRE ÉCRIVAIN
Photo Martin Alarie Dany Laferrière

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Inspiré par les haïkus du poète japonais Bashō , par ses voyages, par ses souvenirs, par ses questionnements et ses constats, Dany Laferrière propose un grand voyage entre les mots et les illustrations dans son nouveau roman, Sur la route avec Bashō . Au fil des pages, le lecteur retrouvera avec bonheur ses réflexions profondes et justes, ses traits d’humour, ses illustrations au feutre et à l’encre de toutes les couleurs.

En entrevue par courriel, Dany Laferrière explique que ce qu’il aime le plus dans les haïkus de Bashō, un auteur qu’il a découvert il y a plus de 40 ans, c’est le fait que la brièveté n’exclut pas l’élégance, ni la poésie, ni une certaine lenteur.

« J’aime qu’on ait trouvé une forme qui va avec mon goût de l’observation de choses si minuscules qu’elles semblent invisibles, et ce sens du silence proche de la méditation », précise-t-il.

L’écrivain raconte être tombé sur un livre de Bashō il y a une quarantaine d’années, chez une amie. 

« J’ai eu un choc en le lisant, car c’était la première fois que je lisais quelque chose de ce genre. Il n’y a que Borges qui avait provoqué en moi un pareil bouleversement. Je me suis demandé comment le poète avait fait pour tout mettre dans trois vers brefs. Étant quelqu’un qui aime travailler à son rythme, qui croit que tout est toujours trop surchargé, j’avais la certitude de trouver un maître qui répondait enfin à mes interrogations esthétiques et poétiques. »

Se fondre dans le paysage

En lisant le roman, on a le sentiment de retrouver un écho à l’œuvre de Bashō, qui créait en s’inspirant des paysages et des scènes de la vie quotidienne pour les transposer en poésie. Dany Laferrière dit qu’il avait, cette fois, le goût de partager son goût de la route et du voyage, mais aussi le sentiment de se fondre dans le paysage. 

« Mais je ne suis pas Bashō, qui a atteint un sommet dans cette forme. Et contrairement à beaucoup de poètes occidentaux intéressés par le haïku, je ne cherche ni à imiter Bashō ni à faire des haïkus. Je veux exprimer des sentiments dans une musique personnelle en utilisant une rythmique particulière. »

Il précise. « Bashō parle d’un paysage naturel, verdoyant, je décris des zones urbaines surpeuplées, oppressantes, et poétiques à leur manière. C’est précisément en prenant un chemin si différent que je me sens proche de Bashō. »

Les textes et les dessins de Dany Laferrière donnent le sentiment au lecteur de l’accompagner dans un voyage autour du monde, entre un cocktail à Manhattan et un souvenir de jeunesse dans son pays natal. Les événements, ses impressions, ses réminiscences, ses lectures, la musique qu’il écoute : tout fait partie de cette odyssée complexe et magnifique.

« Le livre s’est construit au fil de mes émotions et surtout de mes intuitions. C’est ce qui permet aux fulgurances de fuser. Des dessins pour accompagner les observations et les réflexions. La forme et le fond se marient très bien, du moins dans ma tête. Après un rapide premier jet, j’ai pu passer un temps plus long au montage. Et là, on désherbe. Il faut enlever jusqu’à atteindre l’os. Il faut faire attention, car le maigre n’est pas toujours une vertu. On doit trouver le moyen de glisser le temps avec tout son poids tragique dans une petite capsule. »

Feutre et encre

Pour ses livres précédents, Dany Laferrière avait mené son exploration avec le feutre. Cette fois, il y a ajouté l’encre, de toutes les couleurs. 

« Il faut d’autres ingrédients, pas toujours matériels, pour faire un livre. On navigue à vue la plupart du temps, comme un bateau pris dans une tempête. Une vie de poète comme celle de Bashō est une succession de malheurs avec le bonheur de faire plaisir à un lecteur qui n’est pas encore né au moment de l’écriture du poème. » 


♦ Dany Laferrière est né à Port-au-Prince.

♦ Il est l’auteur de nombreux livres, dont Je suis un écrivain japonais (2008), L’énigme du retour (2009), Autoportrait de Paris avec chat (2018) et L’exil vaut le voyage (2020).

♦ Son roman L’énigme du retour a été récompensé par le prix Médicis, le Prix des libraires du Québec, le grand prix du livre de Montréal.

♦ Il a été élu à l’Académie française en 2013.

♦ Il sera au Salon international du livre de Québec.

Salon international du livre de Québec    

Dany Laferrière en signature   

  • le samedi 9 avril de 13 h 30 à 15 h et de 16 h à 18 h     
  • le dimanche 10 avril de 11 h à 13 h et de 15 h à 17 h      

EXTRAIT    

GEN - DANY LAFERRIÈRE ÉCRIVAIN
Photo courtoisie

« Tout doit rester comme dans le rêve d’avant le voyage. »

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