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Des parlements en mal de crédibilité

Marguerite Blais
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin La ministre responsable des Aînés et des Proches aidants, Marguerite Blais.

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Les institutions démocratiques demeurent essentielles dans une société qui se fonde sur la souveraineté du peuple. Elles seront cependant respectées si les personnes qui y siègent se révèlent intègres et de qualité.

Quand le député conservateur Jacques Gourde fait le clown à la Chambre des communes et que ses collègues se lèvent pour l’applaudir en se bidonnant, l’institution perd du lustre.

Lorsque Steven Guilbeault donne son aval à l’extraction du pétrole au large des côtes de Terre-Neuve deux jours après la publication du rapport alarmant du GIEC, il y a de quoi douter de son intégrité.

Les qualités de cheerleader de la ministre Blais ont bien masqué son laisser-aller. Heureusement, cela n’aura pas suffi à faire oublier les catastrophes.

Les propos dégradants des sénateurs républicains à l’égard de la nouvelle juge de la Cour suprême états-unienne sont un autre exemple de déchéance des institutions démocratiques.

Départ précipité

Mme Blais ne se représentera pas aux prochaines élections générales, expulsée du train par son chef. Le premier ministre se débarrasse d’un boulet en espérant qu’il ne laissera pas de traces dans son sillage.

La ministre a bien quelques convictions, elle laissera toutefois l’image d’une femme qui recherchait avant tout le prestige et l’admiration des gens.

Comme ministre protectrice des Aînés, elle aura failli à la tâche durant la pandémie. Fidèle à elle-même, elle s’est dérobée en prétendant qu’elle n’avait que peu de pouvoirs, bien qu’elle se soit présentée comme un rempart.

Dans ma vie professionnelle, j’ai vu Mme Blais s’adresser à une assemblée de retraités du secteur public qui réclamaient la pleine indexation de leur rente rétroactivement.

Elle admit qu’elle ne connaissait rien au dossier, mais qu’elle y était très sensible et qu’ils pouvaient compter sur la présidente du Conseil du trésor. Elle fut applaudie à tout rompre, sans qu’il se passe quoi que ce soit par la suite !

Je n’ai pas eu droit aux mêmes égards quand j’ai mentionné à ladite assemblée que la demande était irréaliste. La vérité fait mal, mais elle n’illusionne pas !

Démocratie désespérante

Les faiblesses d’un grand nombre de parlementaires ou leur intégrité à géométrie variable ont miné la confiance de nombreux citoyens qui, aujourd’hui, entendent plus facilement les discours populistes à la Donald Trump ou à la Éric Duhaime !

Nos ministres sont de plus en plus des pions des oligarques financiers et ils contribuent à vider de leur sens les institutions démocratiques.

Le virage à 180° du ministre Guilbeault est une illustration frappante si l’on se souvient qu’il militait pour Greenpeace.

Les décisions se prennent trop souvent en dehors des parlements, par les conseils d’administration ou les PDG de transnationales des secteurs financiers et industriels.

Le président ukrainien peut s’adresser à tous les parlements du monde, mais ce sera un coup d’épée dans l’eau tant qu’il n’y aura pas une majorité de personnes de grandes valeurs qui y siègent.

Espérons les renforts, ça presse !

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