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D’obèse morbide à militant pour les saines habitudes de vie

Dany Lessard
Photo courtoisie APRÈS. En forme, Dany Lessard maintient maintenant un poids stable de 175 livres.

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Dès l’âge de 9 ans, Dany Lessard consultait une nutritionniste. Son excès de poids a perturbé son enfance et des troubles alimentaires qui ont marqué son adolescence l’ont conduit à un état d’obésité morbide. Au pire moment de sa vie, il a pesé jusqu’à 350 livres. En 2017, il a pris les grands moyens et mis en place des habitudes qui lui permettent aujourd’hui de conserver un poids stable autour de 175 livres. Entretien avec un homme de 35 ans qui a à cœur la promotion de saines habitudes de vie !

AVANT. Avant d’entreprendre des changements radicaux dans son mode de vie, Dany Lessard a atteint le poids colossal de 350 livres.
Photos courtoisie
AVANT. Avant d’entreprendre des changements radicaux dans son mode de vie, Dany Lessard a atteint le poids colossal de 350 livres.

Parle-nous de ton histoire avec tes gains et tes pertes de poids.

J’ai débuté les régimes à l’âge de 9 ans. À l’époque, la nutritionniste m’enseignait à couper le gras dans mon alimentation. En coupant le gras, je suis tombé dans le sucre, ce n’était pas mieux ! Je suis devenu littéralement accroc au sucre. Je vivais de l’intimidation à l’école et ma relation avec les aliments était déjà perturbée. Mon poids est monté à 280 livres à l’adolescence. Je suis tombé en dépression à l’âge de 24 ans. J’ai ensuite entrepris un régime de substituts liquides protéinés, ce qui a été une catastrophe. Après une perte de poids rapide, mon poids est remonté rapidement et a même atteint un plafond de 350 livres. Je souffrais d’hyperphagie boulimique et j’avais des compulsions alimentaires chaque jour. J’étais beaucoup dans le « tout ou rien », si je mangeais un aliment considéré comme mauvais, ma journée était foutue. 


Quel a été l’élément déclencheur de ton engagement vers une perte de poids durable ?

Lorsque j’ai vu un jeune acteur faire un infarctus, ç’a été un événement révélateur pour moi. J’étais à l’aube de mes 30 ans et ma santé était déjà bien affectée. Je faisais du cholestérol, de l’apnée du sommeil et j’avais reçu un diagnostic de foie gras. Je devais absolument changer ! Mon poids n’était plus une question d’esthétique, mais bien de santé. À ce moment, je me sentais perdu, les ressources fiables et accessibles étaient rares, je ne savais pas ce que de saines habitudes de vie signifiaient tant j’avais été exposé à de la désinformation. Chose certaine, je ne voulais plus faire le yo-yo avec mon poids. Mon médecin m’a suggéré la chirurgie bariatrique, mais lorsque j’ai été informé que la liste d’attente était de 3 ans, je me suis dit qu’il était impossible pour moi d’attendre. Mon poids augmentait sans cesse et je n’avais plus de qualité de vie, même me laver était rendu difficile ! J’ai donc décidé d’aller en privé, même si j’ai dû m’endetter pour la chirurgie, cela en valait vraiment la peine. En moins d’un an, j’ai perdu 190 livres. Comme j’avais payé pour ma chirurgie, l’échec n’était pas envisageable. 


Comment as-tu fait pour maintenir ton poids depuis la chirurgie ?

Mon poids est passé de 350 livres à 160 livres pour se stabiliser vers 175 livres. J’ai passé beaucoup de temps à approfondir mes connaissances au cours des 5 dernières années. Trois livres ont été d’une grande aide pour moi : Lundi, je me mets au régime, Kilo Zen et Cessez de manger vos émotions. J’ai lu chaque livre plusieurs fois en prenant le temps de faire les exercices pratiques. J’ai beaucoup travaillé l’aspect psychologique et cela a été très aidant. Je suis devenu aussi très sportif. Je bouge chaque jour entre 30 minutes et 90 minutes. Je fais beaucoup de vélo, du tennis, de la randonnée et du spinning notamment. Je devais trouver une activité physique que j’aime. Le sport n’est pas une corvée, j’adore cela !


À quoi ressemble ton alimentation aujourd’hui ?

Si après la chirurgie je devais limiter la quantité d’aliments consommée, aujourd’hui je mange normalement. Je ne suis pas de régime et je ne me sens pas privé. Mon alimentation est beaucoup basée sur le mode de vie méditerranéen. Je mange beaucoup de poissons et de fruits de mer et je mange très peu de sucre, j’ai appris à apprécier le yogourt nature que je mange avec des fruits frais. Je ne bois pas mes calories, j’opte pour du pain 100 % grains entiers et je mange même souvent du chocolat, mais je choisis un chocolat à 90 % de cacao. Je lis beaucoup les listes d’ingrédients afin de faire des choix éclairés. Mes émotions ne contrôlent plus mon alimentation. J’ai surtout appris à respecter mes signaux de faim et de satiété, je suis capable de laisser quelques bouchées dans l’assiette si je n’ai plus faim.


Tu es maintenant un ambassadeur des saines habitudes de vie. C’est important pour toi de parler de prévention ?

J’y tiens beaucoup. D’ailleurs, je consulte beaucoup les publications de l’OMS et de la Coalition Poids notamment. Je viens de terminer un microprogramme de l’Université Laval sur les saines habitudes de vie. J’ai été patient partenaire d’Obésité Canada. Je milite pour introduire des cours de saines habitudes de vie dès l’enfance. On vit dans une société obésogène et cela doit changer pour l’avenir de nos enfants. Je suis pour la taxe pour la malbouffe, une belle façon de générer des sous qu’on pourrait réinvestir dans des programmes de prévention. Mon rêve serait que le gouvernement instaure une politique sur les saines habitudes de vie qui inclurait la valorisation du transport actif (pourquoi pas des subventions pour des achats d’équipement sportif) et la mise en place d’une approche multidisciplinaire pour la prévention de l’obésité. 


Que dirais-tu à quelqu’un qui a un excès de poids important et qui ne sait pas où commencer ?

Je dirais d’être prudent avec les réseaux sociaux, et de ne pas suivre des gens qui affectent notre santé mentale. Aussi, de chercher des informations fiables. J’ai beaucoup de respect pour le travail de la Dre Julie St-Pierre, Bruny Surin et Sylvie Bernier. Parfois, on croit que c’est impossible de traverser le fleuve, mais le problème, c’est seulement que nous n’avons pas le bon bateau ! Il faut s’outiller. Si pour moi les lectures m’ont beaucoup apporté, pour d’autres, ça peut-être de consulter des professionnels de la santé. 

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