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Pas la guerre, mais pas loin

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De la violence, on en a déjà plein la vue tous les jours avec les atrocités que les soldats russes commettent en Ukraine. Pas vraiment envie d’en remettre. Pourtant, ici même aux États-Unis, on continue de s’entre-tuer à un rythme que même les Russes ne réussissent pas à suivre.

La fusillade de Sacramento, en Californie, dimanche dernier, a troublé le pays pendant... quelques jours. Il faut dire que six morts, douze blessés et plus d’une centaine de balles tirées en 54 secondes, ça mérite de s’arrêter un moment.

La pause n’a pas été longue, parce que comme on ne se pâme pas longtemps devant une épidémie de grippe, on s’est carapacé face au fléau de la violence armée. Le jour même où la capitale californienne était secouée par cette tuerie, plus d’une cinquantaine d’autres personnes étaient tuées par balles à travers les États-Unis.

Une mauvaise journée, pensez-vous ? La semaine n’a pas été plus calme. Selon GunViolenceArchive.gov, 210 personnes sont tombées sous les balles depuis lundi dernier, avant même la journée d’hier et sans compter les suicides.

LA CAUSE, TOUJOURS LA MÊME

Ce n’est pas la première fois que je l’écris et certainement pas la dernière. Il n’y a qu’un constat à tirer devant ce carnage : trop d’armes à feu circulent aux États-Unis. Et impossible malheureusement de voir ce cycle se briser.

La Maison-Blanche, dans un communiqué soulignant la Semaine nationale de la santé publique, appelait le Congrès à considérer « des mesures de bon sens pour lutter contre l’épidémie de violence armée ».

Ce ne sont toutefois pas les Américains qui mettent beaucoup de pression sur leurs élus. Gallup remarquait récemment que la volonté d’un contrôle plus serré des armes à feu est à son plus bas depuis 2015.

D’ailleurs, le profil des acheteurs se transforme : plus de femmes, plus de Noirs et de Latinos, mais aussi tout simplement plus d’acheteurs avec tout près de 20 millions d’armes à feu vendues l’an dernier, la deuxième meilleure année de l’industrie après... l’année d’avant.

MOURIR AUTANT ICI QUE LÀ-BAS

Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme a dénombré, entre le 24 février – début de l’invasion russe de l’Ukraine – et jeudi dernier, 1 626 morts, dont 132 enfants. L’organisme international prévient que « les chiffres réels sont beaucoup plus élevés ».

Aux États-Unis, depuis le début de 2022, les meurtres, les homicides involontaires et les accidents avec armes à feu ont fait plus de 5000 morts et 9000 blessés.

Il faut toujours être prudent quand on compare les tragédies, qu’on essaie de mettre en parallèle l’horreur et l’intensité de la douleur. Ce sont des réalités qui arrachent le cœur sans qu’on ait besoin de statistiques pour le prouver.

À juste titre, les Américains se montrent chaque jour plus révoltés devant la sauvagerie de l’agression russe en Ukraine. Cela dit, je reste estomaqué par leur résignation devant l’hécatombe qui se produit année après année dans leur propre arrière-cour. Une calamité, ça aussi.

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