/misc
Navigation

Trudeau renoue avec le pragmatisme

Coup d'oeil sur cet article

Il s’est passé quelque chose d’extraordinaire cette semaine.

En l’espace de 24 heures, le gouvernement Trudeau est officiellement retombé sur Terre.

Tout a commencé avec la décision d’approuver le projet pétrolier Bay du Nord, à Terre-Neuve. Puis, le dépôt du budget lui a insufflé, pour la première fois depuis qu’il est au pouvoir, un minimum de responsabilité fiscale.

Fini les « rebâtir en mieux » ; soudainement, l’argent ne pousse plus dans les arbres. Il faut se préoccuper de croissance économique, financer la transition énergétique, renchausser les Forces armées.

Plusieurs ont évoqué un budget de transition. Mais une transition vers quoi ? Là est la question. 

  • Écoutez la rencontre Latraverse – Dumont diffusée chaque jour en direct 17 h via QUB radio :

Climat 

Car si le gouvernement Trudeau veut se donner les moyens d’affronter les défis auxquels le Canada est confronté, il devra éventuellement trancher.

Pour tous les observateurs qui ont décrié la décision d’approuver le projet pétrolier de Bay du Nord, la décision du gouvernement se défend.

Je ne reviendrai pas sur le coût monumental du projet et sur la crédibilité du ministre Steven Guilbeault, d’autres s’y sont amplement attelés.

Dans un monde idéal, le gouvernement Trudeau aurait refusé ce projet. Or, la survie économique de Terre-Neuve est essentielle. Les 3,5 milliards $ de revenus et le millier d’emplois qui découleront du projet sont difficiles à refuser. Le signal d’un pays ouvert aux investissements est tout aussi névralgique.

L’idéal écologique a laissé le pas au pragmatisme économique d’un pays de ressources naturelles comme le Canada.

Au chapitre de l’environnement, la question est maintenant de savoir si dans chaque détour l’excuse économique gagnera sur la réalité climatique.

Le nouveau pragmatisme de Justin Trudeau a semé un doute.

Croissance

Le rebond de l’économie canadienne a beau être quasi spectaculaire, le gouvernement a aussi bien saisi les nuages à l’horizon.

Le Canada affiche un des pires taux de croissance à moyen et long terme de l’OCDE. Toujours le même problème : une productivité anémique, un régime d’innovation dysfonctionnel.

Offensive de croissance dans le budget. Le mariage transition énergétique et innovation aurait pu être consacré à générer les investissements dont l’économie a besoin.

Mais le gouvernement a préféré se rabattre sur de nouvelles agences, bien bureaucratiques, dont le succès est loin d’être garanti.

Ici, le pragmatisme a damé le pion à l’audace requise.

Choisir

C’est ainsi que ce budget, dit responsable, est aussi un budget indécis.

Un peu de programmes sociaux, un peu d’environnement, de militaire, un peu de croissance et d’innovation.

Le risque, c’est qu’à faire un peu de tout, on ne fait rien de bien.

C’est ainsi que si le nouveau pragmatisme du gouvernement Trudeau a réussi à rassurer tout le monde, il ne réussit pas à offrir une vision d’avenir convaincante.

Pour ce, il faudra choisir. Les défis sont tels et la concurrence si féroce à l’échelle mondiale que le Canada ne pourra pas surfer indéfiniment. Le jour viendra où le gouvernement devra avoir l’audace de mettre tous ses œufs.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.