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Après l’inflation, la récession

Bankrupt businessman falling off a cliff, pushed by downward arrow. Symbol of bankruptcy, failure, recession, crisis and financial losses on stock exchange market.
Illustration Adobe Stock

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Malheureusement, entre l’inflation, les hausses de taux et l’invasion russe de l’Ukraine, le risque de récession est bien réel. Mais l’est-il suffisamment pour s’en inquiéter ?

Parler de « récession » peut sembler alarmiste ! Après tout, l’économie tourne à plein régime, le marché de l’emploi est en feu, et les dépenses des consommateurs atteignent des sommets.

« Ça va trop bien, beaucoup trop bien », chantait Salvatore Adamo. C’est justement ça le problème : le party a trop duré. Avec des taux au plancher, une politique monétaire très accommodante et des dépenses publiques historiques, on s’est rapproché du point de rupture.

Les consommateurs enchaînent les dépenses sans compter, comme s’ils voulaient rattraper le temps perdu pendant la pandémie. Mais, qui dit dépenses, dit aussi niveau d’endettement, et il atteint un niveau record au Canada. Résultat : les prix gonflent à vue d’œil, on manque d’employés partout, et on prévoit des augmentations de salaire comme on n’en a jamais vu.

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Lendemain de veille

Les partys laissent souvent des traces. Quand la visite est partie, il faut faire le ménage, ramasser les bouteilles et réparer les pots cassés. Et ça, ce sera notamment aux banques centrales de s’en occuper.

La hausse des taux d’intérêt semble la solution pour limiter les dépenses des ménages et forcer les marchands à réduire leurs prix. Et il est question ici d’une hausse qui risque de faire mal. L’ancien gouverneur de la Banque du Canada, David Dodge, mise sur un taux directeur à 2,5 % d’ici 2023 !

Attachez votre ceinture parce que ce coup de frein risque de provoquer un important ralentissement de l’économie. C’est du moins ce qu’anticipent bien des professionnels de la finance. D’ailleurs, la moitié d’entre eux prévoient une récession l’an prochain, selon une enquête Bloomberg. On peut dire que les nuages se lèvent à l’horizon.

Inquiétude

Mais une récession, qu’est-ce que c’est exactement ? La réponse est simple : six mois consécutifs (deux trimestres) de ralentissement de la croissance économique.

Faut-il angoisser pour autant ? Pas nécessairement. Le taux de chômage est au plus bas. Si l’immobilier ralentit, ce sera loin d’être la fin du monde. De plus, l’économie du Québec est diversifiée. Et n’oublions pas que les années de récession ne sont pas nécessairement négatives en Bourse, 2020 en est la preuve la plus récente !

Finances publiques

Si vos placements en Bourse risquent de résister à la situation, ce sont les finances publiques qui pourraient bien pâtir. Pour l’instant, la fête se poursuit à Ottawa, même si le last call a été annoncé. Peut-être que l’heure est venue de se mettre au Perrier, question d’éviter un lendemain de veille trop brutal.

À force d’injecter trop d’argent dans l’économie, le gouvernement fédéral et la Banque du Canada ont tout fait sauf calmer la surchauffe. Un jour ou l’autre, les contribuables vont recevoir la facture, et elle sera salée. La hausse des taux, ça veut aussi dire que le paiement des intérêts de la dette va s’alourdir, et ça, c’est une mauvaise nouvelle.

Certains lendemains de veille sont plus difficiles que d’autres. Celui du fédéral risque de nous donner des maux de tête. Ça me rappelle les dernières paroles de la chanson d’Adamo : « Ça va trop bien, beaucoup trop bien. Je crois que je vais rester dans mon lit ».

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