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La vie après 800 combats: «J'aurais payé pour me battre» – Mike Brault

Mike Brault
Photo courtoisie À 53 ans, Mike Brault enfile encore l’uniforme. Il est photographié en février, lors d’un match d’une ligue récréative, à l’aréna de Saint-Raymond.

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Roi incontesté pour le nombre de combats au hockey, Mike Brault faisait aussi bien trembler les bagarreurs qu’il attirait les foules.

«Pendant 15 ans, j’étais pas mal le plus puni de la ligue. J’ai 800 combats, aux dernières nouvelles, j’étais le premier, toutes ligues confondues», avance celui qui a aussi boxé dans un ring.

Mike Brault estime ne pas avoir de séquelles, à part la mémoire. «Elle est affectée beaucoup. Le monde me raconte des histoires dont je ne me souviens plus.»

Son seul regret : «le dernier combat, celui qui m’a tué le plus.»

Les bagarreurs, même retirés, sont sollicités par les équipes, soucieuses de maintenir les spectateurs. «Il y a tout le temps du monde qui nous rappelle et à un moment donné, on flanche», admet celui qui a accepté finalement une offre du Tomhawk de Donnacona de niveau senior A en octobre 2012. Brault, 42 ans, a jetté les gants contre Samuel Lévesque, 26 ans, qui faisait une trentaine de livres de plus.

«Je ne savais pas c’était qui, s’il était droitier ou gaucher. Je me suis fait tabasser. Je suis parti en ambulance pour être hospitalisé pour une commotion. Ce qui ne m’était jamais arrivé dans la grosse ligue m’est arrivé dans la petite. Faut rien prendre à la légère et j’ai goûté à ma propre médecine», concède-t-il.

Un dur

À l’époque où même le sport majeur ne se préoccupait pas des commotions, l’important était d’assumer son rôle de tough.

Mike Brault a livré un peu plus de 800 combats sur des patinoires dont celui-ci en 2003 dans l’uniforme du Caron et Guay de Pont-Rouge, face à Benoît Beausoleil du Prolab de Thetford Mines.
Photo courtoisie
Mike Brault a livré un peu plus de 800 combats sur des patinoires dont celui-ci en 2003 dans l’uniforme du Caron et Guay de Pont-Rouge, face à Benoît Beausoleil du Prolab de Thetford Mines.

«Les commotions, ça n’existait pas, affirme Brault. On continuait à jouer. On ne voulait pas que l’autre sache qu’il nous avait blessé. S’il y avait eu un médecin, je ne suis pas sûr qu’on l’aurait écouté.»

Brault, avec ses complices du Grand Portneuf de Pont-Rouge, faisait courir les foules à partir du milieu des années 1990.

«Je ne refusais aucun combat. On m’appelait Iron man (ou Iron Mike) parce que j’étais tout le temps là et que je n’étais jamais blessé. Je gagnais pas mal tous mes combats. La ligue était un peu moins forte et j’étais dans mon meilleur.»

Payer pour se battre

Celui qui travaillait déjà comme portier a commencé à 21 ou 22 ans à jouer dans la Ligue de hockey senior de la Mauricie.

«Je gagnais 50 $ (la partie) à peu près comme au Palladium. Mais j’aurais payé pour me battre! Alors 50 $, j’étais content. À Pont-Rouge, j’ai longtemps gagné 500 $ la partie. Mille piastres par semaine il y a 20 ans, c’était de la belle argent.»

Si c’était à refaire, Mike Brault n’agirait pas bien différemment.

«J’irais peut-être plus à l’école. Mais j’ai aimé jouer au hockey. À 53 ans, je ne suis pas si éclopé. Je ne le regrette quand même pas.»

La carrière de Mike Brault en bref      

  • 4175 minutes de punition en 452 matchs (junior et senior)   
  • Actif de 1992 à 2012, celui qui était surnommé Iron Mike croit avoir livré 800 combats   
  • Portier et gérant   

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