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Protection des caribous: «Le Québec refuse de coopérer», dit Ottawa

Le gouvernement du Canada lance un ultimatum pour protéger le territoire du caribou

Le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault.
Photo Stevens LeBlanc Le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault.

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Insatisfait de l’implication du gouvernement Legault dans la sauvegarde du caribou, Ottawa pourrait imposer un décret de protection inédit lui permettant de gérer lui-même les territoires québécois où vit l’animal. 

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Québec a donc jusqu’au 20 avril pour envoyer au gouvernement Trudeau «toute information concernant la protection, par le Québec, du caribou boréal et de son habitat essentiel». 

L’ultimatum a été lancé la semaine dernière par le ministre fédéral de l’Environnement et du Changement climatique, Steven Guilbeault, au ministre québécois des Forêts, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, dans une missive dont Le Journal a obtenu une copie. 

Si M. Guilbeault évalue que les mesures mises en place dans la province ne sont pas suffisantes pour préserver l’espèce en péril et son habitat, ou s’il n’obtient pas de retour, il se verra contraint par la loi de demander un décret de protection. 

Du jamais vu

De passage au Grand marché de Québec, mardi matin, pour discuter de l’aide financière accordée aux petites et moyennes entreprises dans le budget 2022, le ministre fédéral a confirmé les propos qu’il a tenus dans sa missive. 

«Je ne souhaite pas qu’on en arrive là, mais [on prépare] le travail pour demander ce décret devant le fait que le gouvernement du Québec refuse de coopérer», a-t-il affirmé.

Il considère que les négociations avec M. Dufour ont été un échec pour le moment, contrairement à d’autres provinces où des ententes sont sur le point d’être conclues.

Si le décret devait être octroyé, le gouvernement fédéral prendrait le contrôle de la gestion de toutes activités sur le territoire habité par l’espèce, soit quelques dizaines de milliers de kilomètres carrés. Il s’agirait d’une première au pays. 

«Pas suffisant» 

D’après la Commission indépendante sur les caribous forestiers et montagnards, mise sur pied par Québec et dont les consultations commençaient mardi, il ne resterait plus que 5252 individus dans la nature dans la province. 

La situation de la population de Val-d’Or, dont on ne recensait que sept bêtes en 2020, et celle de Charlevoix, qui comptait 17 individus en 2021, est particulièrement critique. 

«Les constats des scientifiques du gouvernement fédéral et du ministère de la Faune du Québec sont les mêmes, ce qui est fait présentement n’est pas suffisant pour protéger l’espèce», a fait savoir le ministre Guilbeault.

Ingérence du fédéral? 

Invité à répondre à cet ultimatum lors d’une mêlée de presse, le premier ministre François Legault a dénoncé les tendances du gouvernement fédéral à s’ingérer dans les affaires du Québec. 

«Il faut avoir un équilibre entre sauver le caribou, mais aussi protéger des emplois qui sont importants dans certaines régions du Québec», a ajouté M. Legault.

Affirmant avoir mis en place plusieurs mesures depuis 2018 pour protéger l’animal en péril, le ministre québécois des Forêts était quant à lui visiblement irrité par la diffusion de la lettre. 

«Je trouve ça cavalier. Si c’est sa méthode [à M. Guilbeault] pour se sortir du trouble de Bay du Nord, je trouve que ce n’est pas la bonne façon de le faire», a lancé Pierre Dufour, faisant référence au projet pétrolier controversé qui a été accepté la semaine dernière par le ministre fédéral de l’Environnement. 

- Avec la collaboration de Marc-André Gagnon

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