/finance/news
Navigation

Immobilier: que changera le nouveau CELI?

AdobeStock_402091559 DVP
Illustration Adobe Stock

Coup d'oeil sur cet article

J’aimerais rectifier une impression qu’aurait pu laisser chez vous ma réaction à chaud de vendredi, au dévoilement du nouveau CELI immobilier : voilà une chose formidable ! 

Pour le chroniqueur de finances personnelles qui se lève parfois avec le sentiment d’avoir fait le tour du jardin, le CELIAPP ouvre soudainement d’inédites perspectives. C’est un peu comme l’ajout d’un nouvel indicatif régional sur un territoire où on aurait épuisé les combinaisons de numéros de téléphone.

Chez les éditeurs qui exploitent le créneau, on doit joyeusement se taper sur les cuisses. Ottawa leur offre l’occasion de proposer au public une deuxième fois les mêmes bouquins, on verra bientôt apparaître des rééditions marquées d’une grosse pastille jaune fluo en couverture où sera indiqué : « Adapté au CELIAPP ». Entre-temps, les livres de finances personnelles déjà sur les tablettes viennent de prendre un méchant coup de vieux.

Tout ça pour dire que la nouveauté dévoilée dans le budget fédéral est majeure. À quoi doit-on s’attendre ?

Un effet à moyen et long terme

Du temps sera nécessaire avant de saisir tout le potentiel du CELIAPP, comme il a fallu quelques années avant de piger celui du CELI ordinaire, et encore. Ce dernier reste largement mal exploité, malgré son 13e anniversaire. 

On devra patienter six ans au moins pour en évaluer l’impact. Les aspirants propriétaires devront attendre l’année prochaine avant de pouvoir ouvrir un CELIAPP, puis il faudra cinq ans pour le remplir en cotisant le maximum, soit 8000 $ par année, pour un total de 40 000 $. 

À ceux qui voudraient que ça aille plus vite, rappelons qu’on n’implante pas un nouveau compte enregistré aussi facilement. Il reste encore du fignolage, et les institutions financières devront ensuite adapter leurs systèmes pour offrir le CELI immobilier.

Les plus embêtés sont ceux qui comptent faire une acquisition sur un horizon de deux ou trois ans. Ils vont manquer de temps pour farcir le CELIAPP au maximum de sa capacité, ils pourraient devoir se contenter du RAP, moins avantageux.

Parmi eux, ceux dont le REER est assez garni pour « raper » devraient néanmoins ouvrir un CELI immobilier, au cas où leur projet prendrait plus de temps à se réaliser. S’ils achètent plus tôt à l’aide du RAP, ils pourront toujours transférer par la suite le contenu du CELIAPP vers le REER (ce qui ne devrait pas être considéré comme un remboursement RAP, mais c’est le genre de petits détails qui restent à éclaircir).

Ils peuvent aussi retarder leur achat d’un an ou deux afin de profiter des atouts du nouveau compte. Si ce genre de décision se multiplie, il faudra voir comment les reports influenceront le marché. 

Comment y investir ?

En ce qui concerne les types de placements qui seront permis, ça devrait ressembler au CELI ordinaire. La question ici : quel niveau de risque pourra-t-on raisonnablement prendre avec les investissements dans ce compte ? 

Le CELIAPP peut rester ouvert 15 ans après l’ouverture, un détail important. On devra l’ouvrir tôt, mais pas trop non plus, car il y a danger de devoir le fermer avant d’acheter une maison. Pour profiter de meilleures déductions fiscales (les contributions sont déductibles comme pour le REER), mieux vaut aussi attendre de toucher des paliers d’imposition plus élevés. 

Il y aura une fenêtre « optimale » pour garnir ce compte. Ce que je veux souligner ici, c’est que le CELIAPP n’offrira pas un horizon de placement de 15 ans, ce sera plus court. L’investisseur pourra sans doute se montrer plus audacieux au début, mais pas longtemps, il devra rapidement réduire le risque de son portefeuille : l’argent destiné à une mise de fonds doit être à l’abri de la volatilité. 

On verra des exceptions, mais on ne doit pas s’attendre à ce que les aspirants propriétaires connaissent des rendements mirobolants dans le CELIAPP. Ils feront comme beaucoup font déjà avec le CELI, ils se contenteront de générer des intérêts, minimes.

Quand un acheteur sortira 50 000 $ de son compte pour sa mise de fonds (sans payer d’impôt), ce sera un bel exploit.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.