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Le nouveau défi de Mélodie Daoust

Le nouveau défi de Mélodie Daoust
Photo Martin Alarie

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Mélodie Daoust amorce un nouveau plan de sa carrière en fondant un nouveau programme de hockey féminin de haute performance de type «Prep School» au Collège Bourget, à Rigaud.

La triple médaillée olympique codirigera, en compagnie de l'Ontarienne Hanna Bunton, le programme – offert en français et en anglais - qui comptera dès septembre sur une équipe compétitive composée de joueuses de quatrième, cinquième et sixième [12e année] secondaire. Les plus jeunes hockeyeuses de l’institution bénéficieront également de cette nouveauté, elles qui pourront participer à la structure d’entraînement. 

Daoust avait été approchée par le Collège Bourget, il y a environ quatre ans, concernant la création d’un programme de hockey féminin. À ce moment, la représentante de l’unifolié amorçait le cycle olympique qui s’est conclu avec une médaille d’or à Pékin en février dernier. Elle occupait aussi un poste d’entraîneuse adjointe chez les Carabins de l’Université de Montréal.

«C’était resté dans ma tête et j’ai recontacté le Collège Bourget un peu avant les derniers Jeux olympiques. Il était maintenant le temps pour moi de passer à la prochaine étape de ma carrière», a indiqué Daoust mercredi, en marge de la conférence de presse qui annonçait officiellement la création du programme.

«C’est une nouvelle occasion pour moi de redonner. J’ai adoré mon expérience avec les Carabins, où j’ai été en mesure de partager ma passion avec les joueuses. Je me suis aussi développée comme entraîneuse. Je suis vraiment tombée en amour avec le "coaching". Quand l’opportunité s’est de nouveau présentée à moi de faire ça au Collège Bourget, j’ai sauté dessus. Je veux donner le plus d’options possibles aux hockeyeuses de chez nous. Notre programme leur ouvrira des portes pour le cégep et pour l’université, que ce soit au Canada ou aux États-Unis.»

De la stabilité

Il ne faut toutefois pas en déduire que la carrière de hockeyeuse de Daoust est terminée. L’athlète de 30 ans continuera de participer aux événements de la Professional Women’s Hockey Players Association et caresse toujours le rêve d’être de l’équipe nationale pour les Jeux de 2026.

La maman d’un jeune garçon de 3 ans et demi avait cependant besoin d’un certain équilibre dans sa vie. Dans la dernière année, elle a été contrainte de s’exiler à Calgary avec ses coéquipières de la formation canadienne pendant plusieurs mois.

«[Le Collège Bourget] est proche de chez moi et c’était un aspect très important, a dit la résidente de Saint-Sulpice. Je voulais plus de stabilité pour mon fils. Ce fut difficile à ce chapitre dans la dernière année.»

Avec son amoureuse

C'est un secret pour personne qui suit les médias sociaux de Daoust qu’elle forme un couple avec Bunton. Travailler ensemble n’effraie toutefois pas les amoureuses.

«Qui ne veut pas passer le plus de temps possible avec la personne qu’elle aime?», a lancé la Québécoise avec le sourire.

Elles ont toutefois pris le temps de discuter longuement avant de s’embarquer dans cette aventure ensemble.

«Ce sera très important de ne pas trop parler du travail à la maison. J’ai confiance que ça va bien se passer, a affirmé Daoust. Nous avons tellement de passions communes, Hanna et moi, à l’extérieur du hockey. Ça va nous permettre de demeurer un couple.»

«C’est un gros pas en avant dans notre relation et dans nos carrières respectives, a renchéri Bunton. Nous sommes tellement passionnées par ce projet. Nous allons assurément trouver le bon équilibre entre le boulot et notre relation.»

- Le premier camp de recrutement du programme de hockey féminin du Collège Bourget se déroulera les 6, 7 et 8 mai prochain, à l’aréna de l’institution situé à Rigaud.

Trop d’incertitudes

En plus de leur désir commun de contribuer au développement de la prochaine génération de hockeyeuses canadiennes, Mélodie Daoust et Hanna Bunton ont également décidé de faire la transition derrière le banc en raison de l’incertitude qui plane présentement sur le hockey féminin professionnel.

Les deux femmes sont membres de la Professional Women’s Hockey Players Association (PWHPA). Fondée à la suite de la dissolution de la Ligue canadienne de hockey féminin en 2019, l’organisation qui rassemble les meilleures hockeyeuses de la planète a comme objectif de fonder une ligue viable financièrement.

En début de semaine, le média web The Athletic apprenait que les représentantes de la PWHPA ont voté à l’unanimité pour mettre fin à toutes les discussions concernant une collaboration avec la Premier Hockey Federation (PHF) pour l’établissement d’un seul circuit féminin. Pour l’instant, la PHF est l’unique ligue professionnelle en Amérique du Nord.

«Nous ne savons pas si nous aurons une ligue l’an prochain. Nous n’avons aucun détail en ce moment. Au lieu d’attendre et de ne rien faire, nous avons pris le taureau par les cornes et décidé de nous impliquer dans la création d’un programme de hockey féminin», a affirmé Daoust.

«C’est une situation frustrante quand nous considérons que les deux entités ont le même but, a ajouté Bunton. La PWHPA veut cependant un circuit viable, où il sera possible d’avoir un salaire qui permettrait aux joueuses de faire du hockey à temps plein. Ce n’est pas le cas présentement dans l’univers du hockey féminin et ce n’est pas le cas dans la PHF.»

«J’espère qu’un jour cette opportunité sera une réalité, a poursuivi l’athlète de 26 ans. Les joueuses que nous allons entraîner au Collège Bourget pourront peut-être en profiter un jour. Je serais fière de savoir que j’ai participé à ça, même si je n’ai pas pu en bénéficier.»

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