/news/transports
Navigation

Le REV cyclable serait bénéfique, selon la Santé publique

Le REV cyclable serait bénéfique, selon la Santé publique
Photo d'archives, Agence QMI

Coup d'oeil sur cet article

Controversé lors de son implantation, le Réseau express vélo (REV) aurait plutôt des bénéfices pour la santé et la réduction des inégalités, selon un rapport de la Direction régionale de santé publique (DRSP) de Montréal. 

• À lire aussi: Déjà un million de passages pour le REV Saint-Denis

«Il n’y a pas d’impact négatif à ce réseau cyclable là. On n’en a pas noté dans notre étude, si on parle d’un point de vue de la santé des usagers», a résumé Anne Pelletier, l’une des auteures de l’étude, et cheffe de service santé environnementale et parcours de vie en milieux urbains à la DRSP.

Le rapport final, qui n’est pas encore public, analyse le réseau dans la totalité de ce qui est planifié, qui devrait, à terme, comporter 17 axes cyclables. La DRSP recommande à la Ville d’aller de l’avant dans l’implantation de la totalité de ceux-ci pour en obtenir les pleins bénéfices.

«Le développement du REV, c’est un outil qui est essentiel pour améliorer la sécurité et aussi l’accès à plusieurs niveaux. Le déploiement de tous les axes aurait des impacts bénéfiques sur l’ensemble des usagers de la route», a expliqué Mme Pelletier.

Sans surprise, il est indiqué qu’avec ses voies séparées physiquement de la circulation automobile, «le REV a le potentiel d’améliorer la sécurité des déplacements à vélo et d’augmenter la sécurité perçue des utilisateurs réguliers ainsi que des plus craintifs».

D’autant que le taux de cyclistes blessés ou décédés est «plus important sur le réseau artériel métropolitain avec plusieurs voies de circulation».

À cet égard, le rapport recommande entre autres d’implanter «systématiquement» des pistes cyclables séparées physiquement de la circulation sur les routes majeures, et d’implanter des aménagements routiers pour favoriser l’apaisement de la circulation.

La DRSP propose de réévaluer, d’ici cinq ans, l’apport qu’aura eu le REV sur l’amélioration de la sécurité des cyclistes.

«Un réseau cyclable isolé, ça améliore le développement et la sécurité des usagers, et ça permet à plusieurs personnes de tenter l’utilisation du vélo», a indiqué Mme Pelletier.

Accessibilité

L’étude note également que 54 % des écoles publiques montréalaises sont situés à moins de 500 mètres d’un réseau cyclable séparé physiquement de la circulation. Une proportion qui montera à 66 % suite à l’implantation des autres axes du REV.

Présentement, moins d’écoles publiques dans des milieux défavorisés ont accès à un réseau cyclable, un écart qui, sans être totalement éliminé, serait néanmoins réduit par la mise en place des autres tronçons du REV.

Le nombre de points d’accès au transport en commun à proximité (moins de 50 mètres pour une sortie de métro, et 25 mètres pour un arrêt d’autobus) doublerait également. Malgré cette amélioration, une grande proportion d’intersections à proximité du réseau de transport en commun n’est pas couverte, indique le rapport.

«Un des bénéfices [du REV], c’est de pouvoir accéder facilement au réseau de transport en commun. Souvent, les bouches de métro ou arrêt d’autobus sont sur des rues très passantes. De pouvoir y accéder directement, ça va être vraiment facilitant», a fait remarquer Mme Pelletier.

Le rapport indique néanmoins que certains quartiers où le nombre de personnes ayant un faible revenu est plus important, tels que Saint-Michel ou Montréal-Nord, ne seront pas bien desservis par le réseau cyclable. La DRSP recommande de prioriser les investissements dans ces arrondissements et de s’assurer que chaque quartier soit bien desservi.

«D’une manière générale, il y a un retard dans le développement du réseau cyclable dans les quartiers un peu plus défavorisés de l’île. Et ce sont des secteurs où il y a beaucoup d’artères, donc beaucoup de voitures qui traversent à grande vitesse. Ils méritent d’avoir plus de protection pour les cyclistes et les piétons», juge Mme Pelletier.

D’autres axes du REV en vue

Pour l’instant, le Réseau express vélo (REV) est présent sur cinq axes à Montréal. À l’automne, celui de la rue Saint-Denis avait comptabilisé plus d’un million de passages, moins d’un an après son entrée en service.

À terme, selon ce qui a été prévu, le réseau devrait comporter 17 axes, qui s’étaleront sur 184 km à travers l’île.

À la Ville, on confirme avoir de «grandes ambitions» pour le développement du réseau de pistes cyclables.

«Accélérer la transition écologique est une priorité et le réseau cyclable joue un rôle central dans la diminution de nos GES, puisque 40 % des émissions proviennent du transport. Nous avons hâte de présenter prochainement à la population le plan de développement du réseau cyclable montréalais, qui comportera notamment les prochaines phases du REV», a indiqué Catherine Cadotte, attachée de presse au cabinet de la mairesse de Montréal.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.