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Des tracts antivaccins font leur apparition sur des poteaux à Montréal

Des spécialistes rappellent que les informations sur ces affiches sont trompeuses

Affiche anti-vaccin
Photo Dominique Scali Une affiche antivaccin aperçue mercredi, rue de l’Église, dans l’arrondissement de Verdun, à Montréal.

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L’apparition sur des poteaux à Montréal d’affiches véhiculant des informations trompeuses sur la vaccination des enfants contre la COVID-19 inquiète certains experts.  

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«Ils ont quand même pris le temps d’imprimer l’affiche et tout ça. C’est une forme de militantisme, et c’est ça qui m’inquiète», dit Aengus Bridgman, qui étudie l’activisme en ligne en tant que doctorant en sciences politiques à l’Université McGill.  

Au moins deux affiches anti-vaccins ont été aperçues dans les rues de Verdun depuis le mois de mars, dont une posée sur un poteau de la rue de l’Église. 

Un lien web et un code QR dans le bas du tract mènent à une page anonyme qui suggère des liens vers plusieurs sites de désinformation. 

«La plupart des informations contenues là-dedans sont trompeuses», résume l’immunologue à l’Institut national de la recherche scientifique Alain Lamarre. 

Risques... de la COVID-19

Par exemple, une série de risques» qui seraient liés au vaccin chez les enfants, comme la maladie de Kawasaki et un syndrome inflammatoire y sont énumérés. Or, il s’agit en fait de risques qui sont associés... au coronavirus lui-même.

«Je ne dis pas que c’est impossible avec la vaccination, mais c’est tellement plus faible [comme risque]», explique M. Lamarre.  

«Le seul effet secondaire qui a réellement été associé à la vaccination chez certains jeunes, c’est la myocardite», un type d’inflammation cardiaque, indique Cécile Tremblay, professeure d’immunologie à l’Université de Montréal.  

Or, non seulement cette réaction due au vaccin est très rare, mais elle se présente de façon bénigne, ajoute-t-elle.  

«Quand ça arrive, ça se traite bien et c’est de courte durée», abonde M. Lamarre.  

Sur l’affiche, on affirme également que les vaccins à ARN messager sont en «phase d’essai clinique». Ce n’est pas faux, mais présenté comme tel, c’est trompeur, dit M. Lamarre. 

«Pour tout médicament, les études cliniques se poursuivent même après la commercialisation», explique-t-il. 

De plus, la technologie ARN messager a beau être récente, elle est testée depuis une vingtaine d’années, ajoute le professeur au département des sciences biologiques à l’UQAM Benoît Barbeau. 

Look crédible

Pour ce qui est de la forme, les experts en désinformation notent le côté coloré et la qualité de la mise en page des feuilles, qui ont tout pour attirer l’œil et donner de la crédibilité. 

«Elle est plutôt bien composée», remarque Alexandre Coutant, professeur en communication sociale à l’UQAM. Non seulement elle ne reprend aucune des thèses farfelues que véhiculent certains groupes complotistes, mais elle imite le look des communications de la Santé publique.  

«Heureusement, l’impact de l’affichage aujourd’hui est minime, comparé à celui des réseaux sociaux», rappelle le professeur à l’École des médias de l’UQAM Patrick White.

Ce genre de tract posé dans un endroit public pourrait-il attirer des gens qui jusque-là n’avaient pas été aspirés par le trou noir des fausses nouvelles ? Oui, mais de façon très marginale, estiment les experts. 

Pris isolément, il ne s’agit que d’un «petit flyer», dit M. Bridgman. 

«Mais c’est le symptôme d’un phénomène plus large», c’est-à-dire la volonté de ces activistes de convaincre les gens en dehors de leur cercle.

Les groupes complotistes et anti-vaccin sont hyper mobilisés et vocaux, comme on a pu le voir avec le convoi à Ottawa, rappelle-t-il. Et éventuellement, influencer des politiques publiques, s’inquiète M. Bridgman.   

Les administrateurs de la page web associée à l’affiche n’ont pas répondu au courriel du Journal

L’Arrondissement de Verdun n’était pas au courant de l’existence de ces affiches, indique le chargé de communication, Jude Bergeron. Tout affichage sauvage sur le mobilier urbain est interdit par le règlement municipal.

QUELQUES MISES AU POINT  

  • Les risques énumérés sont en fait ceux de la COVID-19.  
  • Il est normal que les essais cliniques d’un traitement se poursuivent après la commercialisation.  
  • Les effets secondaires réellement associés au vaccin chez les enfants sont bénins.   
  • Les enfants peuvent transmettre la COVID-19, comme le montrent les éclosions dans les écoles.    

Source : Des experts consultés par Le Journal

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