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Au revoir «Boss»

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Soixante-cinq ans. L’âge de la retraite au Québec. Un âge que l’on considère comme trop hâtif pour cesser de travailler. Imaginez pour cesser de vivre.

Dans les corridors de TVA, au hasard d’une rencontre avec Pierre Karl Péladeau, avec Michel à la sécurité ou bien avec l’un des employés affectés à l’entretien ménager, Mike Bossy affichait le même sourire. Le même intérêt à prendre le temps de jaser. En commençant par prendre des nouvelles de la personne devant lui.

Au Madison Square Garden, un des nombreux édifices où il a fait damner les partisans locaux, on m’a accueilli comme une grosse star à l’entrée VIP. En fait dès que j’ai mentionné que Mike Bossy avait laissé une enveloppe contenant des billets à mon attention, le portier est instantanément devenu un gentil géant. Il a pris des nouvelles de son idole, Mike Bossy. Le colosse avait beau travailler pour les Rangers et les aimer, il aimait davantage Mike. Le « Boss » était un de ceux qui prenaient le temps de lui parler lors de ses visites au MSG. 

Ce soir-là, nous arrivions d’un match des Giants au New Jersey au cours duquel l’envie nous est venue de prendre le train vers Manhattan afin d’y voir le Canadien

 affronter les Rangers. Une décision tardive devenue une soirée de rêve grâce à Mike. Deux messages textes et moins de 15 minutes plus tard, il nous avait obtenu deux accès à la loge Lexus et deux autres billets dans la 10e rangée au milieu des très bien nantis. Puis, un dernier texto de Mike. Il s’excusait de ne pas avoir pu nous obtenir quatre billets réunis...

Un homme d’honneur

Le Québec perd un homme bon. Un homme libre. Un homme d’honneur. Mike Bossy avait la notoriété et la crédibilité pour endosser l’ensemble de son propos. Souvent corrosif, il tolérait mal la pluie de millions qui s’abattaient dans les comptes bancaires de gamins prépubères qui en retour ne déployaient pas un effort soutenu. 

Mike avait l’immunité pour leur brasser la cage. Il le faisait avec vigueur et cette lueur du gagnant au fond des yeux. Il s’en moquait joliment. 

Dans le fond, il avait des « sautes d’humour ». 

Un extraterrestre visionnaire

Au détour des années 1990, on disait de Mike qu’il était un extraterrestre lorsqu’il suggérait que le Canadien l’embauche afin d’enseigner l’art de scorer des buts à ses joueurs. Les plus méchants disaient que Bossy était amer et qu’il se quêtait un job dans le hockey. 

Aujourd’hui, le CH possède à l’instar de toutes les autres équipes de la Ligue nationale son propre coach d’habiletés individuelles. Les clubs juniors en possèdent eux aussi. Autrement dit, le « Boss » avait totalement raison. Était-il trop en avant de son temps ? Je préfère dire qu’il était un précurseur. Un visionnaire.

Les femmes de sa vie

À 65 ans, Mike Bossy n’est plus. C’est beaucoup trop jeune pour cesser d’aimer son épouse, ses filles et ses petites-filles. Si quelque part à Manhattan un portier et gentil géant a pleuré, imaginez la peine des femmes de la vie de Mike. Le meilleur buteur de l’histoire du hockey est parti animer des veillées de hockey au ciel. Sa légende va quant à elle demeurer bien vivante. 

Salut Mike !

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