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Trois femmes, trois destins

Marie Vareille
Photo courtoisie, Philippe Lamy

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Écrivaine sincère, authentique, Marie Vareille aborde la maternité vécue de différentes manières dans son nouveau roman, Ainsi gèlent les bulles de savon. À travers le destin de trois femmes, elle parle de tourments, d’abandon, de quête de bonheur, de passion. L’amour, l’espoir et la résilience sont au cœur de ce roman sensible, vivant, qui s’inscrit dans la même veine que ses best-sellers précédents, La vie rêvée des chaussettes orphelines et Ma vie, mon ex et autres calamités.

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À Paris, Claire vient d’apprendre qu’elle est enceinte. Elle est sur son petit nuage et rien ne peut altérer sa joie, même si elle vient de se faire virer de son travail de publicitaire. Son entrain s’effrite lorsqu’elle découvre que la vie quotidienne avec sa fille n’est pas aussi rose qu’elle l’imaginait.

Océane, une étudiante hypersensible de 19 ans, emménage dans un coin perdu du nord-est des États-Unis avec son père. Elle se prépare à ses études de médecine, mais s’intéresse à l’écriture. Un intérêt qui bouleversera ses plans.

À Jakarta, en Indonésie, une femme a fui la France. Après avoir abandonné son bébé, elle est partie pour l’Asie du Sud-Est pour refaire sa vie. Arrivera-t‐elle à un jour à se reconstruire elle-même et à effacer son sentiment de culpabilité ?

Trois femmes. Trois parcours. Trois quêtes de bonheur. Trois personnages animés par la passion et leur quête de résilience.

La maternité

Marie Vareille, maman de deux petites filles, avait envie de parler des différentes facettes de la maternité dans son nouveau roman. Toutes les femmes ne vivent pas cela de la même manière. 

« Quand j’ai eu des enfants, j’ai eu le sentiment de ne pas du tout avoir été préparée à ce qui m’attendait, commente-t-elle en entrevue. J’avais une vision idéale de la maternité. Que ce serait merveilleux. Pas forcément que ce serait facile, mais qu’il y aurait une espèce d’évidence, tout de suite. »

Elle n’avait pas du tout anticipé les difficultés et le choc émotionnel qui allaient avec. 

« Je n’avais pas compris la responsabilité que c’était, d’avoir un bébé qui ne dépend que de soi. J’ai eu un sentiment de perte complet d’insouciance, de liberté. J’étais tout le temps très angoissée et j’étais en situation d’échec permanent. Je ne comprenais pas : j’avais l’impression d’être la seule à rater un truc que tout le monde réussissait naturellement. »

Marie Vareille pensait que tout serait naturel. Ses deux filles sont nées assez rapprochées l’une de l’autre. 

« Quand j’ai eu la deuxième, en plus, j’ai eu un accouchement compliqué qui s’est très mal passé. Comme je ne me sentais pas bien du tout, je m’imaginais sur une plage, à l’autre bout du monde, toute seule, sans aucune responsabilité, sans mari, sans enfant. C’est la première scène dans le roman. »

Sur papier, tout va bien dans la vie de son héroïne, Claire. En réalité, ça ne va pas si bien que ça. 

« Elle se sent tellement mal, pas à la hauteur, qu’elle décide de tout abandonner et partir à l’autre bout du monde. »

Du réconfort

Marie Vareille dit qu’elle a écrit ce roman pour se réconforter elle-même. 

« C’est un livre que j’aurais bien aimé lire juste avant de devenir maman, parce que je me serais sentie moins seule dans cette expérience. Évidemment, je ne remets pas du tout en cause l’aspect merveilleux de la maternité. Je comprends tout ce qu’on dit de positif au sujet de la maternité, mais je crois qu’on ne prépare pas les jeunes mamans au choc qu’elles peuvent avoir en devenant mamans. » 

  • Marie Vareille est romancière, rédactrice et scénariste. 
  • Elle a écrit cinq romans et une série jeunesse qui ont gagné le cœur de plus de 400 000 lecteurs dans la francophonie. 
  • Elle s’est fait connaître au Québec grâce à son best-seller La vie rêvée des chaussettes orphelines.  

EXTRAIT 

Marie Vareille
Photo courtoisie

« Quand elle avait dix ans, un livre, trouvé dans la bibliothèque de son père, avait changé la vie d’Océane. Ce n’était pas tant le roman lui-même qui l’avait bouleversée, que la citation inscrite sur la première page :

“Je suis doué d’une sensibilité absurde, ce qui érafle les autres me déchire.”

Elle avait relu la phrase à plusieurs reprises et l’avait notée sur un papier qu’elle emportait partout avec elle dans son portefeuille. Constater qu’un parfait inconnu, Français de surcroît, puisqu’il s’agissait d’un certain Gustave Flaubert, ayant vécu quasiment deux siècles avant elle, soit avant Facebook, Candy Crush et les biscuits Oreo, ait su exprimer de manière aussi précise sont ressenti permanent l’avait stupéfiée. »

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