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Présidentielle française: dernière ligne droite, le débat Macron-Le Pen en ligne de mire

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PARIS | Dernière ligne droite pour les deux finalistes de la présidentielle française avant le second tour du 24 avril: le président sortant Emmanuel Macron et la candidate d’extrême droite Marine Le Pen ferraillaient à distance lundi en tentant de déstabiliser l’adversaire, deux jours avant leur face à face télévisé très attendu.

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Rien n’est joué et si le président-candidat centriste est toujours donné vainqueur, dans une fourchette de 53 à 55,5% contre 44,5 à 47% pour Marine Le Pen, il n’est pas à l’abri d’un faux pas ou d’une importante mobilisation de l’électorat anti-Macron.

Une éventuelle forte abstention ajoute encore à l’incertitude du second tour alors que 26% des électeurs ne se sont pas rendus aux urnes dimanche dernier pour le premier tour.

Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat en 2017.
AFP
Marine Le Pen et Emmanuel Macron lors du débat en 2017.

Le débat télévisé de mercredi pourrait marquer un tournant, comme cela avait été le cas il y a cinq ans lors du même débat Macron-Le Pen que cette dernière avait mal géré. Cette fois, la candidate d’extrême droite estime être mieux préparée et se dit «extrêmement sereine».

Après la pause du dimanche de Pâques, Me Le Pen est revenue sur le terrain lundi avec un déplacement dans le Calvados (nord-ouest). «Je viens chercher la force du peuple» et «je suis très confiante, je pense que je vais gagner», a-t-elle lancé.

«Je souhaite que le débat se déroule sereinement. Nous n’avons pas du tout les mêmes idées, la même vision du pays, de ce que doit être l’économie, vers qui elle doit être tournée», a-t-elle indiqué lors d’un long bain de foule sous un soleil printanier.

Pour Emmanuel Macron, le débat de mercredi sera «un moment de clarification». Sur la forme, «l’enjeu est d’être persuasif et convaincant sans prendre un ton trop professoral», souligne son entourage.

«Clivage profond»

Emmanuel Macron a pris pour cible son adversaire sur un sujet régalien par excellence, la réforme des institutions, en se posant comme le garant du droit et du respect de la Constitution, espérant ainsi décrédibiliser Marine Le Pen.

«J’ai un clivage profond avec la candidate d’extrême droite, c’est que moi je suis pour réformer la Constitution en respectant les règles de la Constitution, ce qui me paraît justement être la définition même d’appartenir au champ républicain», a déclaré le président-candidat sur France Culture dans un entretien enregistré vendredi et diffusé samedi.

«L’implicite de la démarche de Mme Le Pen, c’est qu’au fond, une fois élue, elle considère qu’elle est supérieure à la Constitution, puisqu’elle peut ne pas la respecter pour en changer les règles, ça c’est une rupture et c’est grave», a critiqué M. Macron.

La candidate du Rassemblement National (RN) compte soumettre au référendum son projet de révision constitutionnelle sur l’immigration et l’inscription de la «priorité nationale».

Le secrétaire d’État aux Affaires européennes et soutien d’Emmanuel Macron, Clément Beaune, a également fustigé «des revirements, des incohérences et des inconséquences de Marine Le Pen sur des sujets qu’elle instrumentalise ou sur lesquels elle ne sait pas vraiment quelle est sa position».

«Sur le port du voile, elle le dit, elle l’a assumé même dans la rue, publiquement, qu’il fallait retirer pour tout le monde le voile dans l’espace public», a lancé le ministre. «C’est déraisonnable pour tout le monde et c’est contraire aux valeurs républicaines», a-t-il ajouté sur Sud Radio.

«Problème complexe»

Plusieurs lieutenants de la candidate d’extrême droite ont toutefois affirmé que cette interdiction du voile dans l’espace public, pourtant présente dans le projet initial de Marine Le Pen, n’était plus sa priorité dans la lutte contre l’islamisme. Marine Le Pen a admis que le voile constituait un «problème complexe» et qu’elle n’était «pas obtuse».

Et lundi, le Rassemblement national tentait toujours de clarifier sa position sur un sujet sensible.

La question du voile «est une affaire compliquée», a reconnu sur la radio France Inter Louis Aliot, le maire RN de Perpignan (sud): «Ce sera un débat parlementaire et, à ce moment-là, le choix sera fait. Mais il faut une politique qui tend, petit à petit, vers l’interdiction du voile dans l’espace public».

«Il ne s’agit pas pour nous de nous en prendre aux personnes. Ce que nous disons, c’est que toutes les femmes qui portent le voile ne sont pas des islamistes», a de son côté tenté d’argumenter sur Sud Radio, le maire RN de Fréjus (sud-est) David Rachline.

La France compte entre cinq et six millions de musulmans pratiquants et non pratiquants, selon plusieurs études sur le sujet, ce qui fait de l’islam la deuxième religion du pays et de la communauté musulmane française la première en Europe.

Vendredi, deux fédérations musulmanes, la grande mosquée de Paris et le Rassemblement des musulmans de France, ont appelé à voter pour Emmanuel Macron au second tour.

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