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La SQ n’a pensé qu’à la menace à l’intérieur

Personne n’a cru bon surveiller l’arrière du Métropolis

Dominique Langelier
Photo Pierre-Paul Poulin L’agent Dominique Langelier, de la Sûreté du Québec

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Le soir de l’attentat au Métropolis, la Sûreté du Québec était convaincue que le plus gros risque pour la sécurité de Pauline Marois viendrait de l’intérieur, si bien que personne n’a surveillé le stationnement arrière où attendait un tireur.

« II y avait une foule à l’intérieur, la menace la plus probable venait de là », a indiqué l’agent Dominique Langelier.

L’agent avait témoigné la semaine dernière dans le cadre du procès civil intenté par des techniciens de scène traumatisés par l’attentat de la soirée électorale du 4 septembre 2012. Ils réclament 600 000 $ à la SQ et à la police de Montréal, qu’ils accusent d’avoir mal fait leur travail.

Or, la SQ ne voulait pas que le témoignage de l’agent Langelier soit rendu public, sous prétexte que certaines techniques utilisées par les policiers ne devaient pas être dévoilées. 

Il aura fallu l’intervention des médias pour empêcher de garder secrètes ces informations, dont plusieurs tombent pourtant sous le sens. Le juge Philippe Bélanger a d’ailleurs tranché, en estimant qu’on ne lui avait pas démontré que cela posait un risque sérieux.

Pas de secret

Ainsi, par le témoignage de l’agent Langelier, il a été possible d’apprendre qu’avant l’arrivée d’un dignitaire dans un lieu, des agents de renseignements se rendent sur place. Et quand le dignitaire se présente sur les lieux, la police crée un périmètre de sécurité autour de lui.

« Ça ne constitue pas une technique sophistiquée ou inconnue du public », a expliqué le juge, tandis que la SQ se disait convaincue qu’il s’agissait d’un secret bien gardé.

On a également appris que lors de ces événements, comme ce fut le cas au Métropolis, des agents habillés en civil surveillent les lieux. Et quand ils repèrent une personne suspecte, elle est souvent abordée « afin de s’enquérir de son intention ou de dévier son attention ».

Les services de renseignements colligent d’ailleurs des « sujets d’intérêts » dans un album photo. Ils effectuent également de la surveillance sur les réseaux sociaux.

« Il n’y avait rien sur Richard Henry Bain [l’auteur de l’attentat, qui a fait un mort et un blessé] », a assuré l’agent Langelier.

« On a fait notre travail »

Ce dernier a ensuite expliqué que son service n’avait détecté aucune menace contre Pauline Marois. Le fait qu’elle soit la première femme à la tête du Québec ou que des gens en aient contre le mouvement souverainiste ne semblait pas inquiéter la police provinciale, loin de là.

Avec ces informations en main, personne n’a donc pensé qu’il était nécessaire de placer un policier à l’arrière du Métropolis, ce qui a permis à Bain de tuer le technicien de scène Denis Blanchette et de blesser Dave Courage. Et avec leurs collègues qui bloquaient le passage, Bain a finalement rebroussé chemin après avoir démarré un incendie. Le meurtrier a ensuite été arrêté.

« Avec les informations qu’on avait et nos méthodes, on a fait notre travail », a assuré l’agent Langelier, ajoutant toutefois que les méthodes de la SQ avaient depuis changé. Maintenant, lorsqu’ils doivent protéger des dignitaires, les agents s’assurent de surveiller l’extérieur des lieux où ils se trouvent.

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