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Bras de fer en vue pour des hausses salariales

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Vous vous souvenez de l’époque où les patrons avaient l’embarras du choix ? L’époque où les CV s’empilaient sur leur bureau, où les candidats devaient passer une entrevue avant leur embauche ?

Est-ce que vous vous souvenez de votre première entrevue d’embauche ? La mienne a été pas mal stressante. À 16 ans, dans le bureau du gérant de la quincaillerie du quartier, la lumière tamisée, les questions défilaient. Quelle est votre principale qualité ? Quel est votre principal défaut ? De quelle réalisation êtes-vous le plus fier ?

Dans le temps, les employeurs avaient l’embarras du choix. J’étais un candidat inscrit sur une longue liste. Et lorsqu’Alain m’a appelé pour me dire que je décrochais le job, j’étais tellement fier !

Wow ! J’avais le sentiment d’avoir gagné une compétition contre une dizaine d’autres candidats. Mes parents m’ont félicité, mes amis aussi. Je me souviens d’avoir enfilé pour la première fois mon uniforme et mes bottes à cap d’acier. J’adorais mon style !

Le jour au cégep, le soir à la quincaillerie. Les samedis et dimanches, je me souviens des grosses (et belles !) journées à conseiller un fini coquille d’œuf pour les murs d’un salon, à assembler un barbecue, ou à changer des moustiquaires.

Le choix

Aujourd’hui, on peut dire que les temps ont changé. Décrocher un emploi d’étudiant est devenu aussi facile que de remplir un formulaire. L’entrevue d’embauche se résume souvent à une seule question : « Pouvez-vous commencer à travailler demain ? »

Dans plusieurs milieux, oubliez le temps où les candidats passaient une entrevue. Maintenant, ce sont les patrons qui passent l’entrevue. Prenez l’exemple de la chaîne Tim Hortons. Ses nouvelles publicités mettent de l’avant l’ambiance de travail et l’épanouissement de ses baristas. On est rendu à vendre des conditions de travail, au lieu de promouvoir du café et des beignes.

Les employés ont donc le gros bout du bâton. Tout indique que ce n’est pas demain la veille que la tendance va s’inverser. La pénurie de main-d’œuvre ne fait que commencer. Selon les prévisions du ministère du Travail, ce n’est qu’en 2030 qu’on devrait voir son apogée.

La population active dégringolera à 60,4 % sous l’effet du vieillissement. En ce moment, 63,9 % des Québécois âgés de 15 ans ou plus sont actifs sur le marché du travail. La situation ne devrait s’améliorer qu’après 2040.

Conflits à venir

Entre-temps, le pouvoir est aux salariés. Coincés par l’inflation et la hausse des taux d’intérêt, et conscients du rapport de force qui leur est favorable, ils seront justifiés de revendiquer de meilleures conditions de travail.

Doit-on s’attendre à plus de conflits de travail ? Possiblement. Ils se sont d’ailleurs multipliés ces derniers mois : la grève au CP, chez Molson, Métro, IGA, Exceldor, le lock-out chez Rolls-Royce Canada...

On le voit déjà aux États-Unis. On parle de syndicalisation chez Amazon et Starbucks. Le président Joe Biden plaide même pour la création de syndicats.

Au Québec, 42 % des conventions collectives vont expirer au cours des années 2022-2023. C’est presque deux fois plus d’ententes qui se négocieront par rapport aux deux dernières années. On parle ici des conventions collectives en vigueur relevant du Code du travail québécois.

De nombreux bras de fer sont en vue, et les syndicats ont plusieurs raisons d’être gonflés à bloc ! Plus que jamais, la balance penche de leur côté, et ils ont certainement l’intention d’en profiter. 

CONVENTIONS COLLECTIVES QUI EXPIRENT

2024 : 1107

2023 : 1956

2022 : 1546

Source : Conventions qui relèvent du Code du travail québécois

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