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Étalement urbain et 3e lien: «On ne pourra pas s'entendre», dit Marchand

Étalement urbain et 3e lien: «On ne pourra pas s'entendre», dit Marchand
Stevens LeBlanc/JOURNAL DE QUEBEC

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Si le gouvernement persiste à croire que l'étalement urbain causé par le troisième lien n'est pas problématique, le maire de Québec affirme qu'il ne pourra pas appuyer le projet.

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«Si le ministre nous dit qu'il y a de l'étalement urbain et que c'est pas grave, que c'est une bonne chose, et que des municipalités de Bellechasse veulent se développer de cette façon-là [...] c'est sûr qu'on ne pourra pas s'entendre», a lancé Bruno Marchand, mardi, quelques minutes avant le conseil municipal.

Il a été surpris d'entendre deux ministres, François Bonnardel et Geneviève Guilbault, dire qu'il faut rééquilibrer le développement de l'est de la rive sud, la semaine dernière. «Depuis jeudi passé, on a pris un serpent. C'est la première fois que j'entendais le gouvernement dire que c'est pas grave s'il y a des gens qui vont s'établir loin des centres-villes. [...]. Il n'y avait pas de volonté de mettre en place du transport collectif pour ces gens-là.» 

Pour M. Marchand, un moratoire sur le développement de terres agricoles ou un tunnel réservé au transport en commun pourraient être des façons de limiter l'étalement urbain.

Bruno Marchand a voulu préciser qu'il n'est pas contre le fait que Bellechasse se développe. Il répète qu'il est bénéfique que des gens aillent s'y établir et y travailler. Pour lui, ce qui est problématique, c'est que des gens s'éloignent des grands centres et fassent des dizaines de kilomètres par jour en auto pour travailler dans les centres-villes. C'est ce qui est considéré comme de l'étalement urbain et qui est l'une des causes de changements climatiques. 

Le maire en a profité pour lancer une pique au maire de Lévis, Gilles Lehouillier. Celui-ci avait dit: «Est-ce que l’étalement urbain, ça signifie que les communautés ne peuvent plus se développer ? C’est un non-sens. Sinon, fermons les régions. Laissons Québec et Montréal, puis c’est fini. Faisons des parcs nationaux dans les régions.»

«Ça n'a pas rapport», a lancé Bruno Marchand. «C'est pas de ça qu'on parle», ajoutant que l'occupation du territoire peut se faire dans la vitalité économique.

D'ailleurs, il a rejeté l'offre de M. Lehouillier, qui a manifesté la volonté de le rencontrer pour le convaincre que le troisième lien ne causerait pas d'étalement urbain. «Je ne chercherai pas à le convaincre et je lui demande de ne pas chercher à me convaincre non plus. On a des visions diamétralement opposées.»

Rencontre à venir

Il doit avoir une rencontre avec le ministre pour connaître les intentions du gouvernement. «On va en discuter. Si eux changent pas de position, moi, je ne changerai pas la mienne là-dessus. La science et les professeurs d'université le disent: il y a un enjeu avec l'étalement urbain. C'est pas une vue de l'esprit du maire de Québec.» Selon lui, le troisième lien ne peut pas se faire à contre-courant des tendances actuelles.

Le maire Marchand s'inquiète aussi des impacts du projet sur le territoire de Québec, notamment de l'emplacement et de l'ampleur des trois sorties routières qu'on y prévoit. Y aura-t-il six tubes qui émergeront sur le territoire de Québec? Le maire n'avait pas eu de réponse là-dessus. «Il y a des choses qui restent à préciser.» Dans Saint-Roch, notamment, M. Marchand reste à être convaincu. «Si on a juste enlevé les autos et qu'il reste une autoroute en béton qui vient défigurer Saint-Roch, on a le même problème.»

Voies réservées «à temps partiel»

Sur le plan du transport collectif, le maire affirme : «Je ne pense pas qu’on y a gagné avec la présentation de la semaine passée par rapport à la première mouture du projet. On est rendus avec des voies réservées à temps partiel.»

Bruno Marchand répète qu'il veut connaître les gains pour sa ville, mais n'est pas pressé de se prononcer officiellement pour ou contre le projet. «Ils sont où les bénéfices pour la ville de Québec, présentement? Même les spécialistes disent qu'ils ne voient pas de bénéfices pour Québec. Alors on va attendre de voir quels seront les bénéfices.»

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