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Non, la prostitution n'est pas un métier normal

Prostitute waiting for the client at night street.
Photo Adobe stock La banalisation de la prostitution facilite le recrutement des jeunes.

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La prostitution est un travail. Voilà ce que retient Julie de l’intervention de son professeur d’histoire, lorsqu’il aborde ce sujet dans sa classe de 3e secondaire. 

À partir d’un article de journal et loin d’avoir une quelconque expertise dans le domaine, il laisse entendre à des filles et des garçons de 14 ans que la prostitution est un choix, voire une carrière, non sans leur avoir mentionné au passage de ne pas s’engager dans cette voie professionnelle.  

Pourtant, Julie et plusieurs de ses camarades sortent quelque peu troublés de ce cours et en proie à plusieurs questionnements. Si la prostitution est un travail, pourquoi ne pas s’engager sur ce chemin ? Pourquoi n’est-ce pas une option de carrière au collège ? 

  • Écoutez l'entrevue de Richard Martineau avec la criminologue Maria Mourani sur QUB radio : 

Le double discours

Les jeunes ne sont pas des idiots. Ils écoutent et apprennent. Lorsque des figures d’autorité (les parents, les enseignants, l’État, etc.) prônent une espèce d’acceptation de la prostitution par l’emploi de mots tels que « travail », « travailleuses ou travailleurs du sexe », « client », « chauffeur », « métier », « patron », « booker », etc., ils comprennent qu’elle a été normalisée dans notre société. 

À l’heure actuelle, au Canada, vendre des services sexuels est légal, mais il est illégal d’en acheter. Le principe étant de cibler les prostitueurs, ceux que l’on nomme les « clients ». C’est une bonne chose, sauf que cela entretient toujours ce double discours, le même que celui de ce professeur d’histoire. Encore cette ambivalence qui n’échappe pas aux proxénètes et aux jeunes. 

La charte comme arme

Ainsi, soi-disant pour protéger « les travailleuses du sexe », la Charte canadienne des droits et libertés, qui fête ses 40 ans cette année, est l’arme par excellence des proxénètes de tout acabit. Quoi de plus pathétique, en effet, que d’entendre des avocats de la défense claironner que la réglementation procure plus de sécurité à celles qu’ils se plaisent à désigner comme des « travailleuses du sexe »...

Pourtant, l’Allemagne, un pays qui a légalisé la prostitution depuis 2002, est devenue une championne du trafic humain en Europe et le paradis des proxénètes. L’Espagne, quant à elle, est le temple de la prostitution bon marché, où les conditions de vie des personnes prostituées sont dramatiques. 

Un cancer social 

Lutter contre cette forme de violence qu’est la prostitution nécessite un traitement-choc : il faut combattre sa banalisation, qui gangrène notre société. Un fait demeure : banaliser une violence n’enlève en rien son caractère abominable. 

La légalisation ou la réglementation ne peut donc pas changer la nature même de la prostitution, qu’elle soit filmée pour en faire de la pornographie ou pas. Elle ne fait qu’implanter une normalisation qui transforme une société à un point tel que toutes les femmes et les enfants sont en quelque sorte « prostituables ». 

En terminant, rappelez-vous que chaque fois que vous achetez du sexe, vous êtes le premier responsable de l’exploitation d’une personne, dont près de 40 % ont commencé à l’âge de 14 ans.

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