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Sévèrement blâmé par l'inspectrice générale, Ricova restera à Montréal pendant encore des mois

Un seul contrat du géant délinquant du recyclage peut être résilié à court terme

Ricova
Photo d’archives, Pierre-Paul Poulin L’entreprise Ricova opère les centres de tri Saint-Michel et Lachine (sur la photo) et détient le monopole du tri à la Ville de Montréal. La compagnie a récemment été sévèrement blâmée dans un rapport du Bureau de l’inspectrice générale.

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Ricova fera affaire avec Montréal encore longtemps, même s’il a été sévèrement blâmé par l’inspectrice générale. La Ville estime qu’il n’y a «aucune raison» de résilier un des contrats et évalue que cela prendra au moins six mois pour remplacer le géant du recyclage.

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Un document interne de la Ville consulté par notre Bureau d’enquête confirme qu’il sera complexe pour l’administration de Valérie Plante de se débarrasser de Ricova.

Le mois dernier, le Bureau de l’inspectrice générale (BIG) a révélé que l’entreprise a privé la Ville d’au moins un million de dollars en ne partageant pas tous les profits de la vente des matières recyclables comme elle aurait dû le faire.

Le BIG a recommandé de résilier les contrats de gestion des deux centres de tri détenus par Ricova «dès que possible» et de bannir l’entreprise pour cinq ans.

Le service de l’environnement évalue que dans le meilleur des cas, la gestion du centre de Lachine pourrait être reprise en deux mois par l’organisme à but non lucratif VIA, qui opère des installations semblables ailleurs au Québec.

Au centre de tri de Saint-Michel, un nouveau fournisseur pourrait prendre la relève d’ici 120 jours. 

Mais la Ville croit que d’«un point de vue [de la] gestion contractuelle uniquement [il n’y a] aucune raison de résilier le contrat» de Saint-Michel, notamment, car la performance de Ricova s’améliore. 

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Plus cher

Quant à la collecte dans les rues de quatre arrondissements, il faudrait un minium de 180 jours pour trouver une entreprise en mesure de reprendre le travail de Ricova.

Il faudra aussi prévoir des hausses de coûts et de possibles poursuites judiciaires en cas de résiliation des contrats.

L’option de confier le tri du recyclage aux cols bleus a été étudiée, mais ce scénario serait le plus long à mettre en œuvre.

Le groupe d’élus chargés de faire le suivi du rapport du BIG, majoritairement du parti de la mairesse, ne recommandera pas de résilier les contrats au conseil municipal de lundi prochain, a-t-on appris.  

L’administration Plante dit agir de la sorte pour éviter que le recyclage ne s’accumule aux centres de tri. «Une résiliation à si courte échéance représenterait un bris de service allant à l’encontre de l’intérêt du public», affirme-t-on au cabinet de la mairesse. 

L’opposition inquiète

L’opposition officielle, Ensemble Montréal, recommande pour sa part de lancer au plus vite des processus d’octroi de contrat pour remplacer Ricova.

«La performance de nos centres de tri n’est pas à la hauteur. Je ne pense pas qu’on puisse avoir confiance en Ricova pour améliorer la situation», soutient la conseillère municipale du district de Darlington, Stéphanie Valenzuela.

L’opposition souhaite aussi que l’entreprise soit bannie de tous les contrats publics du Québec en étant inscrite au Registre des entreprises non admissibles (RENA).

Jusqu’en 2024 ?    

Les contrats de gestion des centres de tri de Ricova doivent prendre fin en décembre 2024.

À partir de 2025, les municipalités du Québec, dont Montréal, ne seront plus responsables de gérer la collecte et le tri des matières recyclables. 

C’est un organisme géré et financé par les producteurs d’emballages qui devra s’occuper de ramasser les bacs de récupération, de les trier et de vendre papiers, plastiques et autres matières.

L’opposition officielle à Montréal dit avoir « vraiment peur » que la Ville tolère Ricova jusqu’à ce que ce nouveau mode de gestion prenne le relais. 

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