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District 31: merci Luc Dionne et merci Fabienne

ART-DISTRICT 31
Photo d'archives, Agence QMI Fabienne Larouche et Luc Dionne

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C’est toute une journée qui attend Luc Dionne. Toute une journée aussi qui attend ses personnages de District 31.

Que tous en profitent, car ce n’est pas dans l’ADN de Radio-Canada d’en faire autant pour célébrer la dernière d’une série à succès. De grandes séries comme Les filles de Caleb, Les belles histoires des pays d’en haut ou La petite vie ont pris fin sans qu’on célèbre avec autant de faste leurs auteurs et leurs acteurs. D’autres séries, comme Le volcan de Pierre Gauvreau, ont fini dans la zizanie. Même Jean-Claude Lord, qui a fait école avec Lance et compte, est mort sans qu’un seul dignitaire de Radio-Canada ne se pointe à l’hommage qui lui fut rendu le 10 avril dernier.

C’est vrai que District 31 restera un phénomène rare dans l’histoire de notre télévision. Depuis plus de deux ans, la vie des policiers de ce petit poste de district fut presque toujours le premier choix des téléspectateurs. Je ne connais qu’une autre quotidienne qui puisse s’y comparer : Plus belle la vie. C’était hier soir sur France 3 le 4523e épisode. Mais Plus belle la vie fait appel à une vingtaine d’auteurs, alors que Luc Dionne, que je sache, travaille seul. Ce n’est pas un mince exploit.

LA PREMIÈRE À TQS

Télévision Quatre-Saisons (TQS) fut la première au Québec à tenter l’expérience d’une quotidienne. La nouvelle chaîne réunit une douzaine d’auteurs pour écrire les 404 épisodes de La Maison Deschênes. La série n’eut qu’un succès relatif, tout comme Marilyn de Lise Payette et de sa fille Sylvie, que Radio-Canada retira de l’antenne après 440 épisodes. Fabienne Larouche finit par s’avérer l’unique et increvable marathonienne de l’écriture télévisuelle. On lui doit les 1740 épisodes de Virginie, qu’elle fit suivre des 660 épisodes de la série 30 vies.

Non contente d’avoir fait la preuve de l’importance d’une quotidienne dans l’horaire d’un réseau de télévision, Fabienne réussit un coup de maître en recrutant Luc Dionne pour lui succéder. Même s’il avait eu un très bon succès d’auteur avec des séries comme Omertà et Bunker, même s’il avait à son crédit de réalisateur des films de long métrage comme Aurore et L’enfant prodige, Dionne gardait la modestie qu’il faut pour apprendre de la productrice Fabienne Larouche, qui en connaît une longueur sur les difficultés d’écriture d’une quotidienne.

L’AUDITOIRE AUGMENTE SANS CESSE

Leur association a fait merveille. Règle générale, à mesure que les séries se prolongent, les fidèles diminuent et finissent par se lasser. À titre d’exemple, Plus belle la vie, qui a maintenu une part de marché équivalente à celle de District 31 les premières années de sa diffusion, ne sera peut-être pas renouvelée pour une 19e saison, l’auditoire commençant à lui faire défaut. District 31 a suivi une courbe inverse. Jamais les policiers et les malfrats de Luc Dionne n’ont été aussi populaires. Du commandant Chiasson incarné par Gildor Roy jusqu’au ripou Denis Corbin campé par Paul Doucet, on les aime tous. 

District 31 n’aura pas établi de record de longévité. Aux États-Unis, General Hospital en est à sa 59e saison, Coronation Street à sa 62e sur ITV en Angleterre et la BBC diffusera ce soir le 19 658e épisode du radio-roman The Archers! Aucun de ces feuilletons quotidiens n’a réussi à fédérer un auditoire aussi varié que celui de District 31. La quotidienne de Luc Dionne restera le modèle du genre et son auditoire demeurera longtemps inconsolable. 

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