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L'inflation dépasse les prévisions: une journée noire pour le portefeuille

L’inflation atteint 6,7% au Québec et au Canada, ce qui dépasse les attentes

Inflation
Photo Julien McEvoy Suzanne et Marcel Brais sont à la retraite et ils ont largement modifié leur alimentation en raison des prix qui grimpent depuis le début de la pandémie.

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Si l’inflation a atteint 6,7 % en mars, ce que l’on consomme tous les jours a augmenté encore plus vite, le mois dernier.

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Le prix des aliments achetés en magasin a fait un bond de 8,7 %, celui du transport, de 11,2 %, et celui du logement, de 6,8 %, a indiqué Statistique Canada, hier, en dévoilant les chiffres de l’Indice des prix à la consommation (IPC) pour le mois de mars. 

«On se paye un peu moins de luxe et on fait nos menus en fonction des spéciaux», disait hier Suzanne Brais, à la sortie d’un supermarché de Montréal. 

La retraitée et son mari ont commencé à manger beaucoup plus de légumineuses et de tofu afin de réduire leur consommation de viande et de faire baisser la facture d’épicerie. 

«Ce n’est pas avec des chiffres comme ceux-là qu’on va arrêter ça de sitôt parce que nos pensions restent les mêmes, elles», ajoutait la dame de 68 ans.

Outre le prix de la viande, dont la hausse est bien documentée, on apprenait hier qu’en un an, le prix des pâtes alimentaires a augmenté de 17,8 %. Les produits laitiers ne sont pas en reste : le beurre a augmenté de 16 %, le fromage, de 10,4 %, et le lait frais, de 7,7 %. 

Les effets de la guerre

«C’est le premier mois qu’on constate les effets de la guerre de façon effective sur les prix», indique David Dupuis, chargé de cours au département d’économie de l’Université de Sherbrooke et ex-économiste de la Banque du Canada.

Avec l’Ukraine et la Russie qui sont de véritables greniers en temps normal, dit-il, on voit mal comment le prix des aliments pourrait se stabiliser au cours des 12 prochains mois, «même si la guerre finit demain matin». 

Quant au transport, la situation va au-delà de la hausse du prix de l’essence, qui a été de 40 % entre mars 2021 et mars 2022. 

«Il y a aussi beaucoup de pression sur la location et l’achat de véhicules», dit l’économiste, une situation qui ne sera pas réglée «tant et aussi longtemps que l’offre des constructeurs automobiles ne se sera pas normalisée». 

Il suffit de tenter de louer une voiture pour quelques jours ou de tenter d’en acheter une nouvelle pour constater les délais et les coûts qui grimpent. 

Et la pression est aussi forte dans le logement, comme nous l’ont montré les récents budgets fédéral et provincial. « Il faut calmer la demande et augmenter l’offre, ce qui ne se fera pas en six mois », avance M. Dupuis. 

C’est loin d’être fini

L’inflation a donc dépassé les attentes en mars et va être élevée pour encore un bon moment. 

«On s’attendait à 6,1 %, on a eu 6,7 %, et on a encore beaucoup de chemin à parcourir avant de crier victoire», résume Benoît Durocher, économiste principal du Mouvement Desjardins. 

Si on prévoyait il y a encore un mois ou deux que la cible du 2 % d’inflation pourrait être atteinte quelque part dans la deuxième moitié de 2022, on parle maintenant de la mi-2023.


Inflation : 6,7 % 

Essence 39,8 % 

Logement 6,8 %

Épicerie 8,7 %   

  • Pâtes alimentaires 17,8 %  
  • Beurre 16 %  
  • Fromage 10,4 %   

Source : Statistique Canada

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