/opinion/columnists
Navigation

Le Boss de Mar-A-Lago et l’avenir des républicains

US-DONALD-TRUMP-SPENDS-THE-WEEKEND-IN-PALM-BEACH
Photo d'archives, AFP Le club privé de Donald Trump en Floride, Mar-A-Lago.

Coup d'oeil sur cet article

Plusieurs candidats républicains sollicitent l’appui de l’ex-président en vue des élections de novembre, mais Trump n’a qu’un intérêt à cœur : le sien.

Il a perdu le vote populaire deux fois. Il a reçu deux votes d’impeachment. Son incompétence a entraîné des centaines de milliers de morts évitables pendant la pandémie. Il a fait perdre le Sénat à son parti. Malgré une opinion défavorable à Joe Biden, les sondages suggèrent qu’il perdrait un hypothétique face-à-face présidentiel.

Malgré tout, Donald Trump domine le Parti républicain, la nomination pour 2024 lui est pratiquement assurée et son club floridien est devenu le centre nerveux du parti, où les candidats républicains se bousculent pour quémander l’appui du « boss ».

Tammany Hall et la machine Daley

Les amateurs d’histoire américaine auront saisi le parallèle avec la machine démocrate new-yorkaise, Tammany Hall. Jusqu’aux années 1960, des figures légendaires, comme William « Boss » Tweed au milieu du 19e siècle, faisaient la pluie et le beau temps au parti. En tant qu’ancien résident de Chicago, je dois aussi mentionner la machine du maire Daley (père), qui avait amené à John F. Kennedy de nombreux électeurs qui, dit-on, excédaient passablement l’âge de la retraite.

Qu’on souhaite devenir conseiller municipal ou président, la bénédiction du « boss » était essentielle. On retrouve une dynamique semblable aujourd’hui avec la procession des candidats qui se succèdent dans la suite nuptiale du club de Mar-A-Lago, réaménagée en quartier général du Parti républicain.

Un seul intérêt en tête

À ce jour, Trump a endossé officiellement 103 candidats à des postes de gouverneur et au Congrès, en plus de nombreux candidats à des postes secondaires stratégiques, notamment dans les administrations étatiques et locales qui géreront les élections de 2024.

Certains républicains hésitent à prêter allégeance à Trump, craignant qu’il ne devienne un fardeau à l’élection générale. Même si Trump distribue ses appuis financiers avec parcimonie, la publicité liée à ses appuis aide la collecte de fonds auprès de la base partisane.

Pour Trump, ces appuis servent trois objectifs. D’abord, la visibilité l’aide à collecter des fonds pour lui-même. Ensuite, ces courtisans alimentent le mythe des fraudes massives à l’élection de 2020 en faisant profession de foi envers le « Grand Mensonge ». Enfin, Trump endosse aussi des candidats qui vont gagner avec ou sans son aide, pour peaufiner son image de gagnant.

Le culte MAGA continue

Cette procession de candidats qui présentent leurs hommages au « boss » confirme ce qu’on savait déjà : l’ancien parti de Lincoln est devenu un culte à la personnalité de Donald Trump.

Les déclarations de Mitch McConnell, leader républicain au Sénat, le confirment. En novembre, les républicains n’auront aucun programme législatif. Leur seule ambition est de tout bloquer. McConnell a signifié qu’une majorité républicaine au Sénat priverait Joe Biden de sa prérogative constitutionnelle de nommer un juge à la Cour suprême si l’occasion se présentait en 2023.

Le spectre des événements du 6 janvier 2021 et de poursuites criminelles pend encore au-dessus de Donald Trump, mais le boss de Mar-A-Lago rêve malgré tout d’en découdre contre les démocrates en 2024 et aucun républicain ne pourra l’en empêcher.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.