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Macron et Le Pen reprennent leur duel à distance après leur débat sans concession

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Les deux finalistes de l’élection présidentielle française, le sortant centriste libéral Emmanuel Macron et son adversaire d’extrême droite Marine Le Pen, retrouvent jeudi le terrain pour les 48 dernières heures de campagne, au lendemain de leur débat télévisé tendu. 

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À trois jours du second tour, pour lequel le report des voix des électeurs de gauche est crucial, tous deux ont choisi des déplacements dans des régions populaires, en réponse à la première préoccupation des Français, le pouvoir d’achat.

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Emmanuel Macron est attendu dans l’après-midi à la périphérie de Paris, en Seine-Saint-Denis, le département le plus pauvre de la métropole qui a voté pour le candidat de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon à plus de 49%, pour parler des « logements insalubres et de la rénovation urbaine ». 

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Marine Le Pen était pour sa part dans les Hauts-de-France (nord), où elle est arrivée en tête. Après un arrêt à la mi-journée à Roye, où elle s’est présentée comme la candidate de la « France qui travaille », face à des transporteurs déplorant la hausse des prix des carburants, elle tiendra dans la soirée sa dernière réunion de campagne à Arras.

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Dans cette réédition du duel de 2017, M. Macron est toujours crédité de 54 à 56,5% des intentions de vote, bien loin des 66,1% de son élection.

« Antagonisme irrémédiable »

Après une performance désastreuse en 2017, Marine Le Pen, qui était apparue agressive et mal préparée face à un jeune candidat calme et maîtrisant ses dossiers, a cette fois mieux résisté, mais Emmanuel Macron a dominé les échanges, selon la plupart des commentateurs.

« Macron à l’attaque, Le Pen en défense », résume le quotidien populaire Le Parisien, tandis que pour Le Figaro « Macron domine, Le Pen tient le choc ». Selon le journal de droite, « ce qui ressortait de cette conversation vigoureuse, parfois agressive, mais toujours intéressante, c’est un antagonisme irrémédiable ».

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Les deux candidats se sont affrontés sur l’âge de départ à la retraite ou encore sur le pouvoir d’achat, grevé par les répercussions de la guerre en Ukraine sur les prix de l’énergie et de l’alimentation, le sortant défendant le « bouclier » actuel et son projet de « chèque alimentaire », sa concurrente prônant une baisse de la TVA.

Marine Le Pen s’est employée à apparaître comme proche des préoccupations de ses compatriotes aux fins de mois difficiles, face à un Emmanuel Macron taxé par ses détracteurs de « président des riches », dont elle a dénoncé le bilan économique « très mauvais » et un bilan social « encore pire ».

Assumant ses résultats, le chef de l’État lui a opposé de nombreux chiffres, dénonçant un programme n’ayant « ni queue ni tête ».

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Il l’a aussi accusée d’attiser « la guerre civile » avec son projet d’interdiction du voile islamique dans l’espace public.

« Candidat démocrate »

Le ton est encore monté à l’évocation de l’invasion de l’Ukraine par le président russe Vladimir Poutine. Accusée de dépendre du Kremlin en raison d’un prêt contracté en 2017 par son parti auprès d’une banque russe, Mme Le Pen a démenti et s’est dite une femme « totalement libre ».

Elle a également rejeté les soupçons de M. Macron de vouloir encore faire sortir la France de l’Union européenne (UE).

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Trois dirigeants européens de premier plan, les chefs de gouvernement allemand Olaf Scholz, espagnol Pedro Sanchez et portugais Antonio Costa appellent implicitement à voter pour Emmanuel Macron dimanche, disant espérer, dans une tribune publiée par le quotidien Le Monde, que les électeurs choisiront « une France qui défend nos valeurs communes ».

« Le choix auquel le peuple français est confronté est crucial pour la France et pour chacun d’entre nous en Europe. C’est le choix entre un candidat démocrate (...) et une candidate d’extrême droite », écrivent-ils sans les nommer, dénonçant les accointances des populistes et de l’extrême droite en Europe avec M. Poutine.

Le débat ne semble pas dans l’immédiat avoir fait beaucoup bouger les lignes ou la perception des deux adversaires, selon un sondage réalisé par l’institut Elabe. Sur 671 téléspectateurs qui l’ont regardé, 50% ont jugé M. Macron « arrogant », contre 16% pour Mme Le Pen, considérée comme « inquiétante » par 50%, contre 25% pour le président sortant.

Pour Elodie, une infirmière de 38 ans de Rennes (ouest), « Marine Le Pen s’est mieux maîtrisée qu’il y a cinq ans ». Mais cette électrice de Jean-Luc Mélenchon « préfère encore Macron à l’extrême droite ».

Selon Yoann Jonnaux, électeur de Mme Le Pen et préparateur cariste de 34 ans rencontré par l’AFP à Roye, « elle a bien géré le truc et M. Macron est toujours aussi arrogant ». Il se dit « confiant » sur les chances de victoire de sa candidate : « Son programme est un peu plus élaboré qu’en 2017 et moins "violent" ».

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