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Norbourg: un film efficace et nécessaire

Le thriller financier Norbourg prend l’affiche ce vendredi

Norbourg
Photo courtoisie François Arnaud et Vincent-Guillaume Otis incarnent les bandits à cravate Vincent Lacroix et Éric Asselin dans le film Norbourg.

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S’il fascine Hollywood depuis longtemps, le monde de la finance n’a pas souvent été exploré au cinéma québécois. Avec Norbourg, film de fiction inspiré du scandale qui a secoué le Québec au milieu des années 2000, le cinéaste Maxime Giroux signe un thriller financier rondement mené qui a tous les atouts pour plaire à un large public.

Personne n’a oublié le scandale Norbourg. En août 2005, près de 9200 épargnants-investisseurs ont appris avec stupeur qu’ils avaient été floués par le bandit à cravate Vincent Lacroix, qui avait détourné 130 millions de dollars de leurs poches alors qu’il était à la tête de Norbourg, sa firme de gestion d’actifs. Malgré l’ampleur de cette fraude, dont il a été reconnu coupable, Lacroix a purgé moins de trois années des 18 ans auxquels il a été condamné.

Scénarisé par Simon Lavoie (Nulle trace), le film de Maxime Giroux (Félix et Meira) relate l’ascension et la chute de Norbourg en s’intéressant particulièrement au parcours d’Éric Asselin (joué par Vincent-Guillaume Otis), l’ancien bras droit de Vincent Lacroix (François Arnaud). 

Asselin a été inspecteur et vérificateur à la Commission des valeurs mobilières du Québec avant de changer de camp pour devenir vice-président aux finances chez Norbourg, attiré par l’appât du gain. Son expérience acquise comme inspecteur permettra à Lacroix et à sa bande d’escrocs d’échapper aux enquêtes des autorités financières pendant un certain temps. Mais en voyant que l’étau se resserre sur Norbourg, Asselin se retournera finalement contre Lacroix en collaborant à l’enquête de la GRC, qui fera éclater le scandale.

Empruntant la forme d’un thriller financier à l’américaine (pensez au Casse du siècle ou au Loup de Wall Street), Norbourg expose les failles d’un système qui a permis aux dirigeants de Norbourg de détourner des dizaines de millions de dollars avec une facilité déconcertante. 

Belle maîtrise

Maxime Giroux et Simon Lavoie ont fait un bon boulot pour vulgariser ce sujet, qui peut sembler complexe pour le commun des mortels. Les spectateurs qui n’ont aucune connaissance en finance pourraient tout de même avoir du mal à saisir les subtilités de certaines transactions financières figurant au centre de l’intrigue.

Très documenté, le récit est bien ficelé, et la réalisation de Maxime Giroux fait preuve d’une belle maîtrise. La scène de la perquisition des bureaux de Norbourg et de l’arrestation de Vincent Lacroix a d’ailleurs été orchestrée de façon magistrale. Giroux a aussi eu la main heureuse avec le choix de ses acteurs. En injectant une bonne dose de charisme au personnage, François Arnaud a su composer un Vincent Lacroix à la fois arrogant et naïf. Vincent-Guillaume Otis offre quant à lui une performance nuancée sous les traits d’un Éric Asselin taciturne mais très malin.

En portant à l’écran le plus grand scandale financier de l’histoire du Québec, Maxime Giroux et Simon Lavoie ont voulu offrir un divertissement grand public qui saura éveiller les consciences. On peut dire qu’ils ont réussi leur pari. 

Norbourg ★★★1⁄2

  • Un film de Maxime Giroux
  • Avec Vincent-Guillaume Otis, François Arnaud et Christine Beaulieu. À l’affiche.
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