/world/europe
Navigation

Présidentielle française: un vote de barrage plus que de conviction

Coup d'oeil sur cet article

Les Français étaient de retour dans les bureaux de vote de Québec et de Montréal, samedi, pour désigner le candidat qu’ils jugent le plus apte à devenir président, un choix fait plus souvent par défaut que par pure affinité politique.

• À lire aussi: La France à la veille d'un choix crucial

Voter pour «bloquer un candidat», plus d’un citoyen français a laissé échapper cette phrase devant le Palais des congrès de Montréal ou le Collège Stanislas de Québec, où se tenaient les scrutins.

«J’ai voté à trois élections présidentielles et les deux dernières élections, j’ai voté pour bloquer un candidat. C’est une sacrée déception de devoir le faire. J’aurais préféré voter pour des idées», a avancé Coraline Legene, rencontrée dans la métropole.

«Il y a toujours du bon et du mauvais dans les deux, mais je pense que là, on est dans une position où il faut faire un choix assez drastique», a soutenu, de son côté, Emilia Tamco.

Les Français ont tous eu un sentiment de déjà-vu au dévoilement des résultats du premier tour, en apprenant qu’ils devraient à nouveau faire un choix entre Emmanuel Macron, candidat à tendance centriste, et Marine Le Pen, son adversaire de l’extrême droite.

«On revient cinq ans en arrière en fait», a résumé Delphine Fromentin devant le bureau de Québec.

Mais, peu importe leurs convictions de départ, plusieurs ont tenu tout de même à faire le déplacement pour exercer leur devoir. C’est le cas de Romain et Pauline, qui ont fait le trajet de Saguenay à Québec.

«Après qu’on soit d’accord ou pas d’accord, au moins on a participé, c’est plus dans cet esprit-là [qu’on est venus]», a expliqué Romain, qui n’avait pas fait le trajet au premier tour en raison de la distance et du prix élevé de l’essence.

Peu surprise de la présence des deux candidats au second tour, Mélodie Desaubry, elle, a presque hésité à venir déposer son bulletin de vote.

«Je ne suis pas du tout pour ces deux candidats à la base, mais j’aurais vraiment honte si Marine Le Pen passe au pouvoir, je ne vois pas du tout la France être dans l’extrême droite», a exprimé la jeune femme de 22 ans.

Un débat peu déterminant

Le débat tenu mercredi passé entre le président sortant et la candidate du Rassemblement national n’a pas suscité tant d’attention outre-Atlantique.

«Le débat n’était franchement pas terrible, pas intéressant du tout. Il n’y avait pas d’intérêt», a avancé Linda Poupeault, qui a avoué que son choix était déjà fait.

«Personnellement, j’aurais aimé qu’il y ait un peu plus de fond et de sérénité pour aborder les sujets concrètement [dans le débat]», a soutenu Laurent Bonin, conseiller consulaire des Français à Montréal.

Selon les derniers sondages, Emmanuel Macron sortirait gagnant de cette élection, mais avec une avance sur Marine Le Pen moins importante qu’en 2017.

En France, le vote se tiendra dimanche.

Un peu moins d’attente à Montréal  

Après avoir patienté durant près de trois heures pour voter au premier tour, les Français de Montréal se sont déplacés plus tôt samedi, afin d’éviter de revivre le même cauchemar. Résultat des courses: plusieurs ont dû faire la file durant un peu plus d’une heure.

Le consulat de France à Montréal a reconnu le problème, expliquant que l’arrivée «concentrée et très matinale» des électeurs avait entraîné une importante file d’attente à l’extérieur.

«Nous avions conseillé d’éviter de venir après 17h en nous fiant sur les scrutins précédents. Nous avons constaté que les consignes avaient été très – presque trop! – suivies, puisqu’à partir de cette heure-là, la file était inexistante», a souligné le consulat dans un message publié le 13 avril dernier.

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.