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Ce populisme qui fait si peur

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L’un attire les foules dans sa croisade contre l’inflation et les gardiens du temple, l’autre a recruté une armée de militants et donateurs en s’indignant contre l’extrémisme sanitaire.

L’un veut diriger le Parti conservateur du Canada, l’autre a imposé le Parti conservateur du Québec. 

Pierre Poilievre et Éric Duhaime ne font pas dans la dentelle. 

Ils suscitent méfiance et réprobation. Sont-ils en train de changer le paysage politique ?

Trump light ?

C’est l’accusation mille fois entendue. 

Par leur opposition aux mesures sanitaires et leur appui aux camionneurs, Éric Duhaime et Pierre Poilievre tenteraient d’importer le trumpisme au Canada.

C’est facile. Ça frappe. Ça diabolise. 

Certes, tout comme Donald Trump, ces populistes canadien et québécois carburent au ras-le-bol d’une part de la société en rupture face à l’évangélisme dominant. 

Cependant, ils n’ont pas adopté les travers toxiques de l’ex-président américain. 

On est à mille lieues du « drain the swamp », de la xénophobie, de la corruption et de l’attaque frontale contre la démocratie.

D’ailleurs, ni l’un ni l’autre ne remettent en question l’ordre constitutionnel ou nos chartes des droits et libertés.

Non. Éric Duhaime et Pierre Poilievre dérangent parce qu’ils s’attaquent aux vaches sacrées de manière décomplexée.

Héritage de la COVID

Le bilan québécois au chapitre de la COVID justifie-t-il d’avoir fait subir les plus strictes mesures sanitaires pendant si longtemps ? 

Était-il raisonnable d’imposer la vaccination obligatoire à des fonctionnaires en télétravail et aux camionneurs ? 

Il est éclairant de constater que soudainement, poser ces questions n’est plus une hérésie, comme c’était le cas il y a neuf mois.

Face aux échecs répétés de la pandémie, faut-il oser repenser la place du privé en santé ?

Le gouvernement Trudeau et les politiques de la Banque du Canada n’ont-ils pas contribué au fléau de l’inflation ?

La bureaucratie des villes est-elle complice du manque de nouveaux logements construits chaque année ?

Voilà les enjeux que soulèvent nos populistes du jour. 

On est loin de l’appel à l’insurrection du 6 janvier 2021 de Donald Trump et de l’extrémisme identitaire de Marine Le Pen.

Simplisme

Va pour le fond. Quant à la forme, c’est autre chose.

Il est là, le risque des Poilievre et Duhaime.

Critiquer la réaction timide de la Banque du Canada à l’inflation, c’est une chose. 

Lui reprocher d’être dirigée par des analphabètes financiers, comme le fait Pierre Poilievre, en est une autre. 

S’indigner contre les confinements et le prolongement du port du masque est une chose. 

Recruter une « candidate vedette » pour qui le « vaccin c’est d’la marde », comme l’a fait Éric Duhaime, en est une autre.

L’indignation mobilise. Les solutions simplistes rassurent. C’est la partie facile de l’équation.

Dénoncer les échecs des élites qui gouvernent est absolument légitime en démocratie. 

Encore faut-il le faire sans en miner les fondements. Il est là, le défi. 

C’est un peu comme jouer avec le feu. 

Maintenant qu’ils ont allumé la flamme, Pierre Poilievre et Éric Duhaime doivent démontrer qu’ils sont capables de la manier sans s’y brûler et mettre le feu.

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