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Macron ou Le Pen? Les Français face à un choix historique et deux visions du monde

Macron ou Le Pen? Les Français face à un choix historique et deux visions du monde
AFP

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MISE À JOUR | Les Français octroient un second mandat de cinq ans à Emmanuel Macron, qui conserve son poste de président de la France.

• À lire aussi: Emmanuel Macron réélu président d'une France où l'extrême droite est en forte progression

Les Français votent dimanche pour élire leur prochain président et choisir, comme en 2017, entre deux France et deux visions du monde: d’un côté Emmanuel Macron, président sortant donné favori, et de l’autre Marine Le Pen, dirigeante d’extrême droite qui n’a jamais paru si proche des portes du pouvoir. 

La participation au second tour de l’élection présidentielle s’élève à 15H00 GMT en métropole à 63,23 %, en baisse de plus de deux points par rapport à 2017 (65,30 %), à l’occasion du même duel entre M. Macron et Mme Le Pen, a annoncé le ministère de l’Intérieur.

Ce chiffre marque également un recul de près de deux points par rapport au premier tour (65,00 %) le 10 avril.

Les bureaux de vote - 48,7 millions électeurs sont appelés aux urnes - doivent fermer à 17H00 GMT et à 18H00 GMT dans les grandes villes.

Les Français sont devant un choix historique: reconduire le président sortant ou élire une femme, ce qui serait une première et propulserait dans le même temps l’extrême droite à la tête du pays. Cette option constituerait une déflagration qui résonnerait bien au-delà des frontières du pays, comparable au Brexit britannique et à l’élection de Donald Trump aux États-Unis en 2016.

Une réélection de M. Macron, 44 ans, candidat du parti La République en marche (LREM), représenterait la continuité, même si le président candidat a promis de se renouveler en profondeur, affirmant vouloir placer l’écologie au cœur de son deuxième — et dernier — mandat.

Il serait alors le premier président français à être réélu pour un second mandat en 20 ans, depuis Jacques Chirac en 2002.

Ses positions clivantes sur certains sujets, ses sorties maladroites, voire méprisantes, et son exercice vertical du pouvoir ont heurté une partie des Français, qui l’ont jugé trop déconnecté de leurs réalités quotidiennes et de leurs fins de mois difficiles. 

Il s’est vu très tôt qualifié de «président des riches», notamment après deux décisions de son début de mandat que la gauche n’a jamais acceptées: suppression de l’impôt sur la fortune (ISF) et baisse des aides au logement.

Les violences ayant émaillé les manifestations du mouvement social des «Gilets jaunes» (dont des manifestants éborgnés après des tirs des forces de l’ordre) et le traitement jugé «dégradant» par plusieurs ONG internationales et nationales des migrants (afghans, syriens, soudanais...) sur le sol français notamment à Calais (nord) lui ont définitivement aliéné une partie de la gauche, dont il est pourtant issu. 

«Vote par obligation»

Mme Le Pen, 53 ans, a quant à elle lissé et adouci son discours, banalisé son image, jusqu’à récuser le qualificatif d’extrême droite. Elle récolte les fruits d’une longue stratégie de «dédiabolisation», même si sur le fond, particulièrement sur l’immigration, son programme n’a pas changé.

L’arrivée de Mme Le Pen aux commandes d’une puissance nucléaire, dotée d’un siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU et force motrice de l’Union européenne, serait un séisme, d’autant qu’il s’inscrirait dans le contexte lourd d’une guerre aux portes de l’Europe.

Devant une école à Rennes (ouest), Bernard Maugier, retraité de 76 ans et habitant dans un quartier sensible de la ville, dit avoir voté «pour éviter une guerre civile». «Faut pas se tromper de personne», lâche-t-il.

À Bersée, localité rurale du nord d’environ 2 200 habitants, Nicolas Moreau, 44 ans, conseiller municipal, expliquent que, pour lui, ça a été «un vote par obligation». «Ce n’est pas mes convictions, mais il faut faire un choix».

Véronique, qui traverse Bersée à vélo, de retour de Lille où elle a voté, résume: «Entre les deux choix, on essaye de choisir le moins mauvais».

À Dijon (est), Lucien Chameroy, 80 ans, dit n’avoir, lui, eu «absolument aucune hésitation» pour venir voter. «Je pense que les gens ne s’en rendent pas compte: si on ne vote pas et que c’est la rue qui décide, ce seront les minorités qui prendront le pouvoir», dit le retraité.

Deux France

Les derniers sondages publiés vendredi soir, avant l’entrée en vigueur de la période de réserve électorale, donnent M. Macron favori, au-delà de la marge d’erreur. Mais très loin de son score de 2017 où il avait battu sa rivale par 66,1 % des voix contre 33,9 %, pour devenir, à 39 ans, le plus jeune président de la Ve République, instaurée en 1958.

Les programmes des deux candidats sont à l’opposé et proposent une vision radicalement différente sur l’Europe, l’économie, le pouvoir d’achat, les relations avec la Russie, les retraites, l’immigration, l’environnement...

Après un quinquennat émaillé de crises, des «Gilets jaunes» au Covid, ce sont deux France qui se font face.

Pour contrer son adversaire, Emmanuel Macron, arrivé en tête au premier tour (27,85 %) avec plus de quatre points d’avance, a réactivé le «front républicain» pour faire barrage à l’extrême droite.

La candidate du Rassemblement national, pour sa troisième tentative, a misé sur un autre front, le «Tout sauf Macron». 

Dans l’entre-deux tours, les deux candidats ont courtisé l’électorat du dirigeant de la gauche radicale Jean-Luc Mélenchon, arrivé troisième au premier tour le 10 avril avec près de 22 % des voix. 

Les électeurs seront de nouveau appelés aux urnes les 12 et 19 juin pour les législatives où le nouveau président cherchera à obtenir la majorité nécessaire pour gouverner.

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