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La leçon à tirer

Un vibrant hommage a été rendu à la mémoire de Guy Lafleur le 24 avril 2022 au Centre Bell, à Montréal.
Photo Martin Chevalier Un vibrant hommage a été rendu à la mémoire de Guy Lafleur le 24 avril 2022 au Centre Bell, à Montréal.

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L’ovation a duré 9 minutes 15 secondes. Et il a fallu que Michel Lacroix intervienne pour demander aux spectateurs d’observer un moment de silence.

Ç’aurait pu se poursuivre toute la soirée. Le match n’avait aucune signification pour le Canadien. Ce n’était qu’accessoire à l’hommage que l’on rendait à notre Guy bien-aimé.

C’est à souhaiter que les joueurs de l’édition actuelle du Canadien aient réalisé ce que le CH représente pour les Montréalais et les Québécois.

Du carburant pour Guy

Les boys, vous ne jouez pas pour n’importe quelle équipe. Vous devriez vous compter privilégiés de jouer à Montréal.

Vos pleurnichages au sujet de l’impôt, des taxes, de l’hiver, de la pression, de l’omniprésence des médias, des maringouins, Guy s’en moquait comme de l’an quarante.

Il n’y avait jamais assez de gros défis à relever pour lui. Si vous avez fait un détour par la Place du centenaire avant le match, vous avez dû avoir l’impression d’assister à une grande messe.

Vous devriez vous imprégner de cette culture. Il y a plein d’anciens joueurs de l’organisation qui ne demandent qu’à vous la transmettre.

Le trésor de Michel Charette

Avant la partie, cet homme est venu déposer des roses au pied de la statue du Démon blond.
Photo USA TODAY Sports
Avant la partie, cet homme est venu déposer des roses au pied de la statue du Démon blond.

Les gens faisaient la file pour arrêter devant la statue de Guy et immortaliser leur visite par une photo.

Incognito, devant l’entrée des loges, se trouvait Michel Charette, le sergent-détective Bruno Gagné de la série District 31, qui a pris fin la veille du départ de Guy.

Quand je lui ai dit qu’il a vécu sa part d’épreuves dernièrement, il m’a jeté un regard comme voulant dire qu’il ne comprenait pas.

« Ah ! oui, il y a eu Mike Bossy aussi », a-t-il lancé.

Et District 31 qui est terminé, que je lui ai dit.

« C’est vrai, mais ce n’est pas pareil », a-t-il répondu.

Bonhomme éminemment sympathique, l’acteur portait fièrement le chandail du Canadien que lui avait signé Guy sur le logo.

C’est un souvenir dont il ne se départira pas.

Guy était son idole d’enfance. Il n’oubliera jamais d’avoir joué contre lui et plusieurs autres légendes du hockey dans un match tourné pour le film Les Boys IV.

Il a rencontré Guy en quelques occasions et, comme tout le monde qui a eu cette chance, il a été charmé par la grande simplicité de l’homme.

Chacun son souvenir

Quelques instants plus tard, des anciens du Canadien sont venus rencontrer les journalistes dans la salle d’entrevues du Centre Bell.

On aurait dit un conventum. Tout le monde souriait et racontait en riant des anecdotes au sujet de Guy.

Certains d’entre eux m’ont raconté leur première rencontre avec Guy.

« Je l’ai connu à 18 ans, là y pétait des records ! a lancé Yvon Lambert avec sa verve habituelle.

« Pour faire peur aux gardiens, il leur visait la tête. »

Les statistiques indiquent que Lafleur a écopé de 105 et de 135 minutes de pénalité à ses deux dernières saisons avec les Remparts.

Ça veut dire qu’il a dû laisser les gants assez souvent.

« Il pouvait être mean, a dit Lambert.

« Les joueurs adverses passaient leur temps à lui donner des coups de bâton. »

Des bâtons en surplus

Pierre Mondou avait lui aussi 18 ans quand il a fait connaissance avec Guy à l’École de hockey moderne que dirigeaient Gaston Marcotte et Charles Thiffault, à Québec.

Le jeune porte-couleurs des Éperviers de Sorel était impressionné.

« Dire que, quelques années plus tard, on était coéquipiers avec le Canadien, a souligné Mondou.

« Lors des matchs à l’étranger, chaque joueur avait le droit d’apporter trois bâtons. Guy en demandait toujours une dizaine pour en remettre quelques-uns à des amateurs. »

Plus de place pour la gêne

Normand Dupont a fait connaissance avec Guy alors qu’il évoluait avec le Junior de Montréal.

« On s’entraînait avant le Canadien au Forum et, un jour, Guy est venu machinalement vers moi pour me serrer la main, a-t-il raconté.

« À mon troisième camp d’entraînement, il m’a lancé : “Hé ! le kid, tu vas arrêter d’être gêné”. »

Sergio Momesso avait 14 ans quand il a vu de ses yeux Lafleur pour la première fois.

« C’était lors d’une parade de la coupe Stanley, relatait-il.

« Je m’étais frayé un chemin dans la foule pour aller lui donner la main. Quelques années plus tard, je patinais avec lui à mon premier camp d’entraînement avec le Canadien. »

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