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Les riches s’enrichissent... les autres s’appauvrissent

EqualPay
Illustration Adobe Stock

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Les hausses de salaire sont loin de suivre l’inflation. Tout le monde en fait les frais, à l’exception de certains dirigeants, qui n’hésitent pas à faire fi de la tendance pour se voter de juteuses augmentations de salaire.

Pendant que Canadian Tire recrute des commis de plancher à 13,50 $ l’heure, ses patrons ont décidé de s’octroyer le gros lot. Les hauts dirigeants ont vu leurs primes augmenter de 80 % ou plus en 2021. Le PDG de la chaîne, Greg Hicks, a touché un bonus de 2,64 millions de dollars, près du triple de celui qu’il a touché l’année précédente.

On peut parler d’augmentations de salaire à deux vitesses. En moyenne, la rémunération des travailleurs n’a augmenté que de 3,4 % en un an. C’est loin de compenser la hausse du coût de la vie, qui atteint 6,7 %. Ce que ça veut dire concrètement, c’est que les Canadiens ont encaissé cette année une baisse de salaire de 3,3 %. Ils se sont appauvris d’une ampleur jamais vue depuis plus de 30 ans.

Festival des bonis

La chaîne d’épicerie Loblaw, maison mère de Provigo, affiche en ce moment des offres d’emplois payés 13,50 $ l’heure. Il s’agit d’une maigre hausse de 3 % par rapport au salaire proposé il y a un an. Pendant ce temps, ses cinq dirigeants les mieux payés ont reçu des primes de plus de 1 million de dollars. Le président Galen Weston et son chef de l’exploitation, Robert Sawyer, ont reçu des bonis dépassant les 2 millions.

Force est de constater qu’une poignée de dirigeants s’offrent un party, et que la majorité des employés n’est pas conviée. Après ça, on entend parler des difficultés de recrutement et de la pénurie de main-d’œuvre !

Situation insoutenable

Un constat s’impose : l’écart entre l’inflation et les salaires est insoutenable. Soit l’inflation doit ralentir, soit la rémunération des travailleurs doit augmenter rapidement pour pallier la hausse du coût de la vie. Il faut espérer que ce soit un peu des deux, à court terme, pour éviter de frapper le mur qui s’approche à pleine vitesse.

Le prix d’une orange a bondi de 24 % depuis un an, la livre de bacon coûte 20 % plus cher, le pot de margarine en format régulier frôle les 9 $ ! Cette accélération de l’inflation, qui dépasse les prévisions, est complètement déconnectée de la réalité salariale du commun des mortels.

Fossé

Depuis 2012, le salaire moyen au Québec est passé de 22,18 $ à 28,81 $ l’heure. C’est une augmentation d’environ 30 % en 10 ans. Parallèlement, le prix médian d’une propriété unifamiliale a bondi de 70 % et le budget mensuel alloué à l’épicerie a bondi de 200 % depuis 2012, selon les données d’Ipsos Reid et de l’Université Dalhousie.

Les riches s’enrichissent. Les pauvres s’appauvrissent. On connaît la chanson, mais elle n’a probablement jamais été aussi criante de vérité dans l’histoire récente.

En 10 ans, la fortune de l’humain le plus riche au monde, Elon Musk, est passée de 2 milliards de dollars à plus de 260 milliards. Celle du PDG d’Amazon, Jeff Bezos, a gonflé de plus de 160 milliards. L’actif de Mark Zuckerberg, grand patron de Facebook, était évalué à 18 milliards de dollars en 2012. Aujourd’hui, il vaut environ 75 milliards !

Leur fortune ne semble plus connaître de frontières. Mais pour ceux qui ont toujours les deux pieds sur terre, de tels écarts de richesse sont non seulement indécents, ils deviennent de plus en plus dangereux pour la paix sociale.

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