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Quand pénurie de main-d’œuvre rime avec cauchemar

Cuisine d'Été Ile d'Orléans
Photo d'archives Jour après jour, la situation de pénurie de la main-d’œuvre se dégrade au Québec et ailleurs au Canada.

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Derrière tout entrepreneur, il y a un être humain aujourd’hui aux prises avec moult défis, notamment celui de la pénurie de main-d’œuvre. L’état d’esprit de nos entrepreneurs fait rarement l’objet de nos conversations publiques. Or, ce sujet est aussi préoccupant que celui de la pénurie de main-d’œuvre à proprement parler.

D’emblée, rappelons-nous que la pénurie de main-d’œuvre ne date pas du début de la pandémie... De l’ancien monde, celui d’avant la COVID-19, on se souvient que la plupart de ces entrepreneurs étaient habités par la passion et la joie, tellement ils adoraient travailler et contribuer certes à la richesse de leurs entreprises, mais aussi à celle de la nation.

Dans l’ancien monde, dans leur domaine d’expertise, bon an, mal an, nos entrepreneurs se débrouillaient néanmoins, chacun avec son génie propre, malgré les problèmes que créait le manque de personnel.

La qualité de vie

Dans le monde d’aujourd’hui, les problèmes générés par la pénurie de main-d’œuvre sont légion dans bon nombre de petites et moyennes entreprises québécoises. Et la gestion du personnel s’y apparente à un exercice de funambulisme sans harnais de sécurité.

Jadis rayonnants, de nombreux entrepreneurs affichent aujourd’hui des humeurs dépitées. Découragements et déprimes sont de la partie. Il faut y voir, car ils sont nombreux à vouloir jeter l’éponge pour passer à autre chose ; ce qui n’est pas un bon signe...

Cette « autre chose », c’est notamment une meilleure qualité de vie. Incidemment, c’est également ce que recherche constamment la « jeune main-d’œuvre rare » disponible qui priorise son bien-être relativement au travail.

Rares et « précieux »

Mathématiquement, cette jeune main-d’œuvre est loin de combler les besoins des entreprises en la matière. Mais elle est précieuse...

Bien consciente de sa valeur, elle est plus encline à défendre ses intérêts et à imposer ses propres règles aux patrons dans le cadre de son travail en entreprise.

C’est à prendre ou à laisser. Une règle, une interpellation ou une remarque « de travers », elle n’hésite pas à aller voir si l’herbe est plus verte ailleurs...

Avec cette main-d’œuvre rare et volatile, on constate que le modèle ancien, celui des boomers, ancré dans les valeurs : 1) travail, 2) famille et 3) social, a déjà pris le bord. De plus, « travail » ne rime plus véritablement avec passion ou vocation...

À la lumière des défis générés par ce qu’il conviendrait selon moi de nommer « la crise de la main-d’œuvre », il est évident que les entrepreneurs n’y arriveront pas seuls. Une relecture politique structurante, collective et consensuelle des paradigmes de travail en entreprise est impérative et urgente. Il y va de l’avenir économique de la nation.

« Le monde que nous avons créé est un processus de notre pensée. Il ne peut pas être modifié sans changer notre façon de penser. » – Albert Einstein

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