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Agressions sexuelles: des survivantes craignent la libération de leur agresseur

Condamné à 7 ans d’incarcération, le massothérapeute porte le jugement en appel

GEN - JEAN-FRANÇOIS MORRISSON ACCUSÉ
Photos d'archives et tirée d'Instagram Le massothérapeute Jean-François Morrison, 41 ans, lors d’un passage à la cour au palais de justice de Saint-Jérôme, en mai dernier. En mortaise, on le voit derrière sa table de massage, qu’il ne pourra utiliser en raison de ses conditions de libération.

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Des victimes d’un massothérapeute récemment condamné à sept ans de pénitencier pour agression sexuelle sur une vingtaine de femmes, dont une mineure, sont outrées d’apprendre qu’il a été remis en liberté par la Cour d’appel. 

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«On pouvait enfin fermer ce livre-là et entamer une guérison, justice avait été rendue. C’est comme si on a fait tout ça pour rien. Ça me ramène loin dans mes démons», a confié une victime âgée de 36 ans, dont l’identité est protégée par la cour.  

En apprenant que son agresseur, Jean-François Morrison, a été remis en liberté lundi, «tous les membres de son corps sont devenus mous», a-t-elle relaté, en disant avoir vécu cela comme un choc.  

L’homme de 41 ans porte en appel le jugement l’ayant déclaré coupable d’avoir agressé sexuellement une vingtaine de femmes, entre 2015 et 2018. La plupart étaient des clientes. Le massothérapeute déchu a aussi partagé l’image intime d’une 21e femme dans un groupe Facebook sans son consentement.

À la mi-avril, une juge l’avait condamné à « une peine exemplaire » de sept ans d’incarcération après l’avoir qualifié de prédateur, au palais de justice de Saint-Jérôme. 

Pas un danger

Le procureur de la Couronne, Me Alexis Marcotte-Bélanger, s’est opposé à la remise en liberté de Morrison en plaidant la faiblesse des moyens d’appel ainsi que des préoccupations de sécurité publique, a-t-il expliqué au Journal

«Il faut tenir compte qu’il a respecté toutes les conditions des ordonnances de mise en liberté dont il a bénéficié. [...] Le dossier est muet sur le risque de récidive», a plutôt tranché le juge Frédéric Bachand de la Cour d’appel, en concluant qu’il ne représente pas de risque pour la société.

«C’est inconcevable, il doit payer de son temps pour ce qu’il a fait. On parle de plus d’une vingtaine de victimes, il ne peut pas s’en sauver», dit une survivante âgée de 35 ans. 

Une troisième victime de 26 ans dit avoir fait une importante crise d’angoisse en apprenant la nouvelle par courriel. 

«Ma femme a dû appeler le 811 pour réussir à me calmer. Je n’étais plus capable de parler ou de reprendre mon souffle», a dit celle qui prend des médicaments pour son anxiété depuis les événements.

Colère

«Je suis vraiment en colère et dans l’incompréhension par rapport au système de justice. Je ne suis pas avocate, je ne sais pas comment ça marche une procédure en appel. On ne nous a rien expliqué. Qu’est-ce que ça implique pour nous [les victimes]? Je me sens dans le néant», a-t-elle poursuivi. 

L’accusé a plusieurs conditions strictes à respecter, dont un couvre-feu et celle de ne pas entrer en contact avec ses 21 victimes. Or, l’une d’entre elles, qui habite dans le même secteur que Morrison, craint maintenant de le croiser dans des endroits publics, comme l’épicerie.

Il lui sera également interdit d’occuper un emploi comme massothérapeute. 

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