/sports/opinion/columnists
Navigation

Le pire scénario pour Price

Flyers vs Canadiens
Photo d'archives, Martin Chevalier Face aux Flyers de Philadelphie, jeudi dernier, Carey Price ne bougeait pas comme il a l’habitude de le faire.

Coup d'oeil sur cet article

La semaine dernière, ma chronique s’intitulait Price rassurant. Il n’avait joué qu’un seul match et il avait bien paru. Aujourd’hui, c’est le contraire. Je suis inquiet et je vois des drapeaux rouges partout. En fait, c’est le pire scénario, à part l’annonce d’une retraite définitive. 

C’est devenu évident, lors des derniers matchs, que Price n’était pas à l’aise. Il est de retour à l’infirmerie et il ne sera pas du voyage à New York. Dans les deux derniers duels, contre les Flyers et les Sénateurs, il ne bougeait pas comme le gardien que l’on connaît.  

Est-ce qu’il protégeait son genou ? Peut-être, mais je crois que c’est pire que ça et je ne peux faire autrement que de revenir à sa conférence de presse du 30 janvier. 

D’ailleurs, deux jours plus tard, le titre de ma chronique était Est-ce la fin pour Price ? J’avais écrit qu’il avait l’air d’un homme résigné et qu’on ne savait rien sur l’état de son genou. Pourtant, son intervention chirurgicale laissait présager un retour au jeu après huit semaines.  

Depuis, ce fut recul après recul. Il n’a repris son poste que le 15 avril. Il a eu amplement le temps de récupérer, et l’on disait qu’il ne jouerait que s’il était à 100 %. On ne l’a pas forcé à revenir au jeu. 

J’étais le premier à dire que Price devait absolument jouer quelques matchs malgré la position du Canadien. Peu importe les résultats, le fait de savoir que son genou tiendrait le coup l’aiderait à passer un bel été et à revenir fort en septembre. 

Quelque chose cloche 

Mais là, c’est évident que quelque chose cloche physiquement et c’est le pire scénario. Price a pris tout son temps pour se refaire une santé ; après seulement quatre matchs, il est au rancart...  

C’est alarmant et, honnêtement, je ne vois pas la lumière au bout du tunnel.  

Est-ce que plus de temps va l’aider à guérir ? J’en doute, mais on ne sait rien sur l’état de son genou. Son directeur général, Kent Hughes, devra avoir des réponses précises. Les médecins ont-ils posé un mauvais diagnostic ? 

Price aura 35 ans l’été prochain. À cet âge, les blessures sont longues à guérir. J’en sais quelque chose, mais la différence avec moi, c’est qu’en fin de carrière, je gagnais 1,5 million $. Price en gagne plus que 10 et c’est un sérieux problème pour Hughes.  

Échanger Price me semble très difficile dans ce contexte. Est-ce qu’on le reverra avec le Canadien ? Est-ce l’heure de racheter son contrat comme Steve Yzerman l’avait fait dans le cas de Vincent Lecavalier, même s’il était en santé, en 2013 ? 

Et je vois d’autres drapeaux rouges. Où en est-il mentalement ? Est-il vraiment affamé ? Selon Martin St-Louis, Price décide quand il joue. Or pourquoi a-t-il choisi de jouer samedi à Ottawa, alors que le lendemain, au Centre Bell, c’était la soirée Guy Lafleur contre les Bruins ? 

Je ne connais pas un gardien numéro un qui aurait voulu rater une telle occasion d’évoluer devant ses partisans au Centre Bell. Il n’y a pas eu beaucoup de matchs spéciaux cette saison et celui-là en était un. Mais le leader du club n’était même pas sur le banc.  

Peut-être que Price n’était pas en mesure de jouer ce match, mais on aurait dû faire jouer Samuel Montembeault samedi à Ottawa et Price dimanche à Montréal, pour l’honneur à Guy Lafleur.  

La confiance

La seule autre raison pour avoir fait jouer Price samedi, c’est qu’il n’avait pas confiance en ses moyens et préférait risquer de passer une mauvaise soirée à Ottawa plutôt qu’à Montréal, devant ses partisans. 

Chose certaine, la situation de Price est de plus en plus inquiétante. Je crois que c’est l’heure de composer le 911. Je pense que toute l’organisation est sur un pied d’alerte dans ce dossier. 

-Propos recueillis par Gilles Moffet 

Entrefilets

Souvenirs de Guy Lafleur

Quelle perte immense que celle de Guy Lafleur et que de souvenirs ! À l’âge de 4 ans, je suis apparu sur une photo du journal The Gazette de dos, en compagnie de mon frère Roch. Je portais le numéro 99 de Wayne Gretzky et Roch, le 10 de Lafleur. Il s’agissait des deux grandes vedettes de l’époque. J’ai encore l’article et la photo dans un cadre.  

J’ai connu Guy lors des tournées de balle-molle du Canadien. Il m’a toujours parlé comme si j’étais un de ses grands amis, et moi, je n’arrivais pas à croire que Guy Lafleur me parlait. On partageait tous les deux la passion d’être pilotes d’hélicoptère et on a même fait un voyage ensemble, durant lequel Guy était le pilote. 

C’était une légende, mais il m’impressionnait par sa stature d’athlète, sa carrure et ses mains immenses. Un vrai pur-sang. Je n’oublierai jamais cette séance photo au Centre Bell. Je devais avoir 24 ans et j’étais dans mes habits de civil. C’était la première fois que je voyais Guy dans l’uniforme rouge du CH, avec ses patins et son bâton Sherwood en bois. Les lumières du Centre Bell étaient allumées plein feu. Il était magnifique. Avec sa chevelure blonde, il avait l’air d’un superhéros.  

Il devait avoir 50 ans et il s’est mis à lancer des rondelles. C’était incroyable de voir ses boulets de canon dans le haut du filet. Il aurait pu encore jouer dans la LNH. Puis, il est venu me voir et m’a dit : « Hey le jeune, penses-tu que t’aurais arrêté ça ? »  

J’offre mes condoléances à la famille. C’est non seulement tout le Québec qui est en deuil, mais encore toute la planète hockey. Merci, Guy ! 

Candidat au Masterton

Je veux voir Carey Price terminer sa carrière à Montréal et j’ajoute que son chandail devra être hissé dans les hauteurs du Centre Bell, mais je ne comprends pas qu’il soit le candidat du Canadien au trophée Bill-Masterton de cette année. Il n’a joué que quatre matchs : c’est trop peu pour un trophée synonyme de persévérance. S’il joue régulièrement et efficacement la saison prochaine, il sera toutefois un excellent candidat. Jonathan Drouin aurait été un meilleur choix, à mon avis. 

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.