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Assurances collectives: des primes qui grimpent

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Après la nourriture, le logement, l’énergie et les matériaux de construction, voilà que les primes d’assurance collective se mettent à grimper à leur tour.

L’industrie de l’assurance subit elle aussi la pénurie de main-d’œuvre et une augmentation de ses coûts, mais l’inflation dans le secteur serait en bonne partie attribuable à la pandémie.

Pour les assurés, il n’y a pas grand-chose à faire pour atténuer cette énième hausse de prix, sinon (encore) de couper ailleurs.

Les employés ne vont pas tous le ressentir en même temps ni à la même intensité. L’impact de la Covid-19 varie selon le domaine d’activité de leur employeur et les primes sont révisées au renouvellement du contrat avec l’organisation.

Hausse des réclamations

De multiples facteurs liés à la pandémie expliquent les augmentations de primes, observe le courtier en assurance collective François Desrochers, d’Avanco Services conseils. « Deux années de confinement ont eu un impact sur la santé mentale et le niveau stress de façon générale, et ça s’est répercuté sur les réclamations. »

Les assureurs ont versé davantage de compensations en assurance invalidité de longue durée. Appelée aussi « assurance salaire », elle remplace les pertes de revenu après 16 semaines d’absence.

Plus longtemps sur le carreau

Le délestage dans le réseau de la santé n’a pas aidé non plus. Il a entraîné des délais de traitement qui se sont répercutés sur la durée des invalidités et des réclamations d’assurance.

« On remarque aussi des problèmes de disponibilité des professionnels de la santé. Durant la pandémie, on a fait état du manque de psychologues, par exemple, ce qui retarde le retour au travail d’employés en arrêt. En plus, les consultations coûtent plus cher », constate Frédéric Venne, courtier en assurance collective et associé chez Normandin Beaudry.

Le télétravail a également fait bondir la demande pour les services de santé telles la physiothérapie, l’ergothérapie et l’ostéopathie. La cause ? Des équipements de travail inadéquats.

Impact sur les primes

Les primes d’assurance sont basées sur l’expérience. Plus il y a de réclamations, plus les coûts seront élevés pour le groupe au renouvellement du contrat. Le taux de prime aurait augmenté de 20 % à 40 % pour le volet « assurance invalidité » des nouvelles ententes, selon François Desrochers. Les conséquences sur le reste de la couverture seraient moins importantes, mais l’inflation se manifeste pratiquement sur tous les tableaux.

Le seul fait de traverser une période d’incertitude incite les assureurs à réviser leurs facteurs de risque et à augmenter les primes.

En tout, cela peut représenter quelques dizaines de dollars de moins sur la paie d’un employé. Il n’existe pas de solutions miracles pour en atténuer l’impact, il faudrait que les employeurs augmentent la part des primes qu’ils assument ou qu’ils réduisent la protection. 

Le recours plus intensif aux nouvelles technologies, comme les services de télémédecine, constitue une autre piste, mais cette approche montre des limites. 

Déjà au cours des dernières années, plusieurs modifications ont été apportées aux régimes d’assurance collective pour contenir la croissance des primes, laquelle est alimentée depuis par l’explosion du coût des médicaments.

Aujourd’hui, c’est une autre pilule à avaler.

DIMINUTION DES TRAITEMENTS DU CANCER

Un des sujets de conversation dans le milieu de l’assurance collective concerne la diminution des absences liées aux traitements contre le cancer, signale Frédéric Venne.

Bonne nouvelle ? Au contraire, le courtier s’en inquiète. Il émet l’hypothèse que la pandémie a freiné les consultations médicales de routine, de sorte qu’on a détecté moins de cas récemment.

« On pourrait payer le prix plus tard pour ça », pense Frédéric Venne. La maladie sera diagnostiquée à un stade plus avancé, avec ce que ça implique en traitements, plus lourds.

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