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Chirurgies esthétiques: mettons fin au party!

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On n’est pas tous égaux devant la nature. Bien souvent, comme le chante Goldman, nous devons gagner pouce à pouce les oublis de la vie et accepter qu’on ne sera jamais la reine ou le roi du bal vers qui se tournent les yeux éblouis. Alors, pour être belle ou beau – enfin tout au moins à nos yeux –, on est prêt à tout. 

Mettons de côté tout le débat sur l’estime de soi et le regard des autres. On aura beau dire que toutes les fleurs sont belles, il y aura toujours quelqu’un en mal de soi. Sans parler de ce fourbe, le temps qui passe, nous casse et nous fissure de partout. 

Vendeurs de rêve

C’est alors qu’entrent en scène les vendeurs de beauté et de jeunesse. 

Certains sont des professionnels, d’autres des charlatans. Cliniques esthétiques, médico-esthétiques, chirurgies plastiques... À coups de milliers de dollars, tels des magiciens, ils vous donnent espoir, font battre votre cœur. Enfin, disent-ils, vous pourrez transformer ce corps ou ce visage qui vous sied si peu. 

Puis, c’est là que survient le cauchemar : des infections, des opérations ratées, des résultats décevants, voire frôler la mort, comme on l’a vu dans l’excellent dossier publié par Le Journal le week-end dernier.

Dans cette industrie où l’humain n’est qu’un signe de dollar, les recours sont de réels parcours du combattant, car c’est à la victime de démontrer la faute du chirurgien. 

Quant aux poursuites devant le Collège des médecins, si elles aboutissent, elles finissent par des suspensions temporaires ou des amendes, rarement à des radiations à vie ou à des poursuites criminelles. Que dire de ceux qui exercent illégalement la médecine, une activité en augmentation au Québec ? 

Poursuite au criminel

Gabriella et Carmen ont frôlé la mort après des injections de lipolyse effectuées par une esthéticienne qui se prenait pour une infirmière. Elles ont dû subir plusieurs opérations et traitements à l’hôpital pour combattre une bactérie à la suite de leurs traitements esthétiques. 

Rongées par la honte, elles restent marquées par des cicatrices (physiques et psychologiques). Qu’est-il arrivé à l’esthéticienne ? Elle s’expose à devoir payer une amende de 15 000 $ par le Collège des médecins pour exercice illégal de la médecine. 

Une amende !!! Ne devrait-elle pas être poursuivie pour négligence criminelle ? 

Ses victimes soutiennent qu’elle leur aurait demandé de ne pas mentionner son nom à l’hôpital. Elle était donc consciente d’être dans l’illégalité. 

Cela ne l’a pas empêchée de poser des actes d’une insouciance et d’une témérité à l’égard de la vie et de la sécurité d’autrui. Ce qui dans le cas de lésions corporelles est passible d’un emprisonnement maximal de 10 ans. 

Un registre des charlatans 

Ce que souhaite toute personne qui s’engage sur le chemin de l’esthétique, c’est d’être bien informée et protégée. 

Malgré l’augmentation des plaintes, il n’y a jusqu’à présent aucune enquête criminelle et encore moins d’accusations. Il est plus que temps que le Collège des médecins crée au moins une liste des praticiens et des cliniques à éviter. 

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