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Le marché de Boston boude le crabe des neiges canadien

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Les transformateurs de crabe du Québec et des provinces atlantiques sont contraints de baisser leurs prix devant la résistance de leur principal marché des États-Unis. 

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Cette situation vient du fait que la demande des consommateurs américains, qui a été très forte l’an dernier grâce aux différents incitatifs gouvernementaux pour passer au travers la crise de COVID-19, est aujourd’hui freinée par la hausse générale du coût de la vie.

De plus, les courtiers et acheteurs américains, qui ont encore du crabe de la saison 2021 en inventaire, sont moins pressés d’acheter le crabe des neiges canadien pêché cette année explique Jean-Paul Gagné, directeur général de l’Association québécoise des industriels de la pêche (AQIP).

«Les ventes ne se font pas, dit-il. On parle de 75 % de volumes en inventaire, contre pas plus de 25 % en temps normal.»

«Normalement, les gens nous appellent des États-Unis et du Japon avant même le début de la saison, pour réserver leurs approvisionnements, indique pour sa part Gilles Thériault, président de l’Association des transformateurs de crabe du Nouveau-Brunswick. Actuellement, le téléphone ne sonne tout simplement pas. Ça fait longtemps qu’on n’a pas vu ça. Les commandes se font par petites quantités ici et là.»

Baisse de 1$/lb

Pour tenter de faire débloquer le marché, les transformateurs de crabe des neiges de l’Est canadien ont donc convenu, mardi, de réduire le prix provisoire payé aux pêcheurs. Alors qu’il variait entre 8,25 $ et 8,75 $ la livre à l’ouverture de la saison en Gaspésie, au Nouveau-Brunswick et en Nouvelle-Écosse, il a été ramené à une moyenne de 7,50 $ la livre. Aux Îles-de-la-Madeleine, où le crabe des neiges est aussi pêché, le prix payé aux pêcheurs est déjà de 7,50 $ la livre.

«Et on espère maintenant que les courtiers et que le marché vont commencer à acheter notre produit, pour que ça déboule au cours des prochaines semaines, avec la fête des Mères qui approche», fait valoir M. Thériault.

Ce dernier va jusqu’à évoquer une fermeture possible de la pêcherie, si le marché ne collabore pas. «On est tous dans le même bateau, souligne-t-il. Il faut, nous autres, qu’on soit payés pour pouvoir continuer d’en acheter aux pêcheurs. Surtout que dans le Golfe, avec l’histoire des baleines [noires menacées d’extinction dont la protection commande des restrictions sur les activités de pêche], on veut que les pêcheurs continuent de pêcher au max avant l’arrivée des baleines. Et en plus, avec l’augmentation [de 34 %] du quota qu’on a eue cette année, on ne peut pas se permettre d’arrêter de pêcher!»

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