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Mulroney et l’escalade militaire en Ukraine

Assemblée annuelle Québecor
Photo d'archives, Chantal Poirier

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Vendredi dernier à l’antenne de QUB radio, Brian Mulroney ne se gênait pas pour condamner l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine. Un geste «ignoble et stupide». Quant à Poutine, Mulroney le désigne comme un criminel de guerre. Difficile d’être plus dur.

Mulroney souhaite que les alliés recherchent la victoire, et non pas seulement une position de force dans des négociations avec la Russie.

Et à son avis, il faudrait envoyer à l’Ukraine toutes les armes que ce pays demande.

Les vœux de Mulroney semblent être exaucés.   

  • Écoutez l’entrevue de l’ex-premier ministre Brian Mulroney au micro de Vincent Dessureault à QUB radio:   

Désormais, les États-Unis et leurs alliés ne parlent plus simplement de contenir la guerre à l’Ukraine. Ils veulent briser les reins de la Russie pour qu’elle ne recommence plus jamais ce qu’elle fait en Ukraine.

Pourquoi? Parce que la Russie a tenté d’annexer un pays souverain. Parce qu’elle a tenté d’écraser la démocratie naissante en Ukraine. Parce qu’elle s’est livrée à des crimes de guerre, de massacres de la population à la déportation d’enfants, en passant par le bombardement systématique d’installations civiles.

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Photo AFP

Mais surtout, parce que l’armée russe a montré qu’elle n’était pas à la hauteur de sa réputation. Parce que l’armée ukrainienne a montré qu’elle pourrait vaincre l’armée russe.

Nouveaux objectifs

En d’autres termes, la guerre en Ukraine a changé d’objectifs et d’envergure. 

Il ne s’agit plus simplement de contenir la Russie en Ukraine et éventuellement de l’en chasser. 

Il s’agit d’affaiblir de manière durable la Russie en l’empêchant de fortifier son armée, donc en l’empêchant de se renforcer économiquement. 

Désormais, chaque mois, les États-Unis et leurs alliés, en tout 40 pays, se réuniront pour décider des nouvelles mesures de guerre contre la Russie.

C’est une escalade. Espérons qu’elle incitera Vladimir Poutine à négocier, ou mieux, qu’il sera forcé de quitter le pouvoir.

  • Écoutez la chronique de Loïc Tassé au micro de Benoit Dutrizac sur QUB radio : 

Réponse de Poutine

Pour le moment, Poutine répond de trois façons à la nouvelle position des Américains et de leurs alliés.

D’abord, il réitère sa demande que les pays de l’OTAN cessent de fournir des armes à l’Ukraine. Évidemment, moins les Ukrainiens auront d’armements, plus la victoire des Russes sera assurée. Cette demande ne tient pas la route. Ici encore les vœux de Mulroney semblent en voie d’être exaucés.

Deuxièmement, Poutine menace à demi-mot d’utiliser son armement atomique. Mais contre qui ? S’il le fait contre les Ukrainiens, il perdra le peu d’appuis international qu’il lui reste. S’il jette une bombe contre un pays de l’OTAN, ce sera le début d’une troisième guerre mondiale.

Troisièmement, il peut ouvrir de nouveaux fronts. Il jongle avec l’idée de partir en guerre contre la Moldavie, en invoquant la protection des Russes de Transnistrie, un territoire sécessionniste de la Moldavie.

Que fait le Canada en attendant? Il donne généreusement à l’Ukraine. Il commande des F-35 coûteux, déjà dépassés et mal conçus. Viendrait-il en tête à Justin Trudeau de vraiment moderniser l’armée canadienne? Non. Mais on peut sûrement compter sur lui pour doter les soldats canadiens de nouveaux uniformes. Pourquoi pas des uniformes aux couleurs du multiculturalisme et de la diversité woke? Quelle fabuleuse armée nous aurions!

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