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Remplaçons l'amiral Nelson par Guy Lafleur !

L’amiral Nelson
Photo Chantal Poirier

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Si j’étais le maire de la métropole, je m’empresserais de reléguer au musée l’imbuvable amiral Nelson. Sur sa colonne, en haut de la place Jacques-Cartier, j’érigerais plutôt une belle statue rassembleuse de Guy Lafleur.

Je lisais avant-hier que la mairesse Valérie Plante parle d’un délai d’un an avant d’annoncer comment sa ville honorera feu Guy Lafleur.

Il me semble pourtant que le cas de Lafleur est suffisamment exceptionnel pour échapper aux procédures normales de la Commission de toponymie.

Si le Démon blond est un symbole assez important pour mériter des funérailles nationales, je ne vois pas pourquoi on ne se hâterait pas de trouver quels lieu ou rue ou parc rebaptiser pour graver son souvenir dans la réalité montréalaise.

Rapidité

J’aimerais rappeler à la mairesse Plante que, lorsque René Lévesque est mort, en 1987, le maire de Montréal de l’époque, Jean Doré, n’a pas mis plus de 48 heures avant d’annoncer le changement de nom du boulevard Dorchester !

Pourtant, René Lévesque était loin de faire l’unanimité, surtout auprès de la population anglophone.

Par ailleurs, lorsque vous franchissez la frontière de Westmount, le boulevard René-Lévesque redevient Dorchester...

Malgré les hauts cris de certains, Jean Doré avait tenu bon.

Il avait de bonnes raisons : autant l’édifice de Radio-Canada, où Lévesque avait été journaliste et animateur, que celui d’Hydro-Québec, où il avait eu ses bureaux de premier ministre, se trouvaient sur cette importante artère, rappelait le maire.

Heureusement pour Valérie Plante, Guy Lafleur n’a pas de détracteurs du côté de la communauté anglophone, où il était aussi adulé.

Réparer l’insulte

Mais faut-il absolument rebaptiser une rue ? Il y a d’autres manières d’honorer notre grand disparu.

Depuis maintenant 213 ans, une statue vouée à la supériorité britannique et à l’infériorité française surplombe triomphalement la place Jacques-Cartier.

Je parle bien sûr de l’amiral Nelson, qui a gagné la bataille de Trafalgar contre Napoléon.

Ce héros militaire britannique n’a aucun rapport avec notre histoire ! Son effigie a été placée là seulement pour narguer les « conquis »...

Pourquoi ne pas saisir l’occasion de finalement corriger cette insulte deux fois séculaire ?

La solution pourrait être de mettre Nelson au musée ou, encore, de l’ériger plutôt près de l’avenue Trafalgar, à Montréal, nommée ainsi en l’honneur de la bataille qui a fait sa gloire.

Rassembleur

Pour la ville de Montréal, le personnage historique de Guy Lafleur représente un rare cas de héros national québécois qui fait l’unanimité des deux côtés de la frontière linguistique.

Même un Maurice Richard, depuis les émeutes du Forum en 1955, était souvent associé au nationalisme canadien-français.

Guy Lafleur, lui, était plutôt social que politique, de par son engagement et de par sa générosité.

Aura-t-on à nouveau un héros national aussi rassembleur ? J’en doute fort.

Au moment où une bonne partie de Montréal fait mentalement sécession du Québec, Guy Lafleur est peut-être le dernier de cette espèce rare.

Et je pense que de nombreux visiteurs étrangers amateurs de hockey seraient curieux de venir admirer cette statue du légendaire numéro 10 dans le Vieux-Montréal.

À bonne entendeuse, salut ! 

Qui est l’amiral Horatio Nelson (1758-1805) ?  

  • Ce grand stratège militaire est devenu un héros national chez les Anglais après sa victoire contre la flotte de Napoléon à Trafalgar en 1805, qui consacre la suprématie maritime de la Grande-Bretagne. 
  • Sa statue érigée en 1809 sur la place Jacques-Cartier, alors le centre-ville de Montréal, vise à rappeler qui détient maintenant le pouvoir sur l’ex-Nouvelle-France : la couronne britannique.  

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