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[EN IMAGES] De jeunes Québécois invités en secret à tirer avec ses armes

Il invitait ses clients à l’insu du club de tir pour 160$

Club de tir - Reseaux sociaux
Shooting-Club / Tekiout / Snapc L’influenceur Tekiout (à gauche) et l’homme qui invitait des jeunes en secret au club de tir en Estrie.

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Un ex-militaire vient tout juste d’être expulsé à vie d’un club de tir en Estrie, où il invitait en catimini des jeunes à manipuler ses armes à feu, ce qui inquiète au moment où les fusillades se multiplient à Montréal.  

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Le Journal a mis la main sur une série de vidéos et de photos jugées «préoccupantes» au cours des derniers jours. Sur celles-ci, un individu habillé avec une combinaison militaire proposait sur les réseaux sociaux à des jeunes de manipuler des armes à feu dans le Club de tir Sandhill, à Cookshire-Eaton, en Estrie. 

«C’est un gars d’armée. Tout ce qu’il a appris à l’armée, il vous le montre. Ce n’est pas comme les policiers qui ne savent pas bien tirer. L’armée, c’est un autre niveau», lance Tekiout, un influenceur qu’on aperçoit dans une des vidéos publiées par le compte «Shooting Club» sur Snapchat. 

Club de tir - Reseaux sociaux
Shooting-Club / Tekiout / Snapc

C’est grâce à ce compte que l’individu en combinaison militaire faisait la promotion, qui serait illégale, de ses services auprès des jeunes sur le web. Il offrait des dizaines d’armes et demandait 160$ par personne pour chaque séance. 

Pas au courant

L’homme qui dit être un vétéran de l’armée dans ses vidéos, mais dont on ignore l’identité, a pu enseigner en secret la manipulation des armes au Club de tir Sandhill puisqu’il était membre de ce lieu. 

«Les faits concernant les agissements du membre en question ne sont aucunement cautionnés par le club et vont à l'encontre de plusieurs articles des règlements du club. Le membre en question a, à l'heure actuelle, été rencontré et expulsé à vie du club suite au signalement de ces activités», a expliqué brièvement Antoine Blouin, président du Club de tir Sandhill. 

Ce dernier précise aussi que le Bureau du contrôle des armes à feu de la Sûreté du Québec (SQ) a été avisé de son expulsion.

«Comme vous le constaterez sur ses messages publicitaires, le club de tir n'est aucunement cité et l'individu a agi sans en aviser le conseil d’administration du Club. On se dégage donc de toute responsabilité envers ses agissements», se défend M. Blouin. 

«Inacceptable»

Mario Gendron, maire de Cookshire-Eaton, affirme que ce genre de publicités sur les réseaux sociaux pour attirer des jeunes à venir tirer dans sa ville «n’est pas acceptable». 

Club de tir - Reseaux sociaux
Shooting-Club / Tekiout / Snapc

«Je ne vois pas du tout l’utilité de faire ça en ciblant des jeunes qui peuvent être influencés ensuite à se doter d’une arme à feu. On est bien conscient qu'on n'a jamais vu autant de fusillades à Montréal, alors c’est clair que notre ville n’est pas d’accord avec ça», déplore M. Gendron. 

Violence banalisée

La criminologue Maria Mourani craint pour sa part que ce genre de promotions sur les réseaux créent davantage une «banalisation» des armes à feu dans le réel.

«Il est temps qu’on s’attaque à tout ce qu’il se passe sur internet par rapport aux armes. Ça pourrait passer par de la prévention avec des influenceurs, par exemple. Dans les médias traditionnels, les publicités pour les contenus avec des armes à feu sont mieux contrôlés. Pourquoi pas sur les réseaux sociaux aussi?», suggère Mme Mourani. 

Plus de mineurs pincés

Le Journal révélait d’ailleurs la semaine dernière que les accusations liées aux armes ont explosé récemment chez les mineurs.

Au moins 200 chefs d’accusation liés à la possession illégale d’armes à feu ont été déposés en 2021 contre des jeunes de moins de 18 ans dans les districts de Montréal, Laval et Longueuil. Il s’agit d’une hausse marquée de 73% pour ce type d'accusations par rapport à 2020.  

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