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De plus en plus de signaleurs routiers blessés

Les efforts de sensibilisation n’ont pas donné les résultats escomptés

accident saint-cyrille
Photo d’archives Un signaleur routier, Pascal Cauchon, a été happé mortellement le 8 avril 2021 dans une zone de travaux de l’autoroute 20, dans le Centre-du-Québec.

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Le nombre de signaleurs routiers blessés dans le cadre de leurs fonctions a fait un bond phénoménal de 168 % de 2017 à 2021, malgré des efforts de prévention et de sensibilisation.

Ce bilan de la Commission des normes, de l’équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) est diffusé moins d’un mois après le dépôt du rapport d’investigation sur le décès de Pascal Cauchon, un signaleur routier happé mortellement en avril 2021, dans le Centre-du-Québec. En 2017, les accidents touchaient 60 travailleurs. En 2021, ce chiffre est monté à 161.

Le coroner au dossier, Yvon Garneau, a récemment recommandé au ministère des Transports (MTQ), à la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) et à la CNESST d’intensifier davantage leurs efforts, notamment par une meilleure sensibilisation, des sanctions plus sévères et une présence policière accrue.

Malheureusement, un autre signaleur routier assigné aux travaux près de la sortie du tunnel Louis-Hippolyte-La Fontaine, à Montréal, a été blessé à la suite d’une collision avec délit de fuite, vendredi.

« On n’est pas des chevreuils »

Selon Jean-François Dionne, président de l’Association des travailleurs en signalisation routière du Québec (ATSRQ), les accidents « montent beaucoup trop » et les autorités concernées en font trop peu.

« Arrêtons de rire des travailleurs. Rien ne va changer si nous n’avons pas une présence policière accrue », fait-il valoir.

Il estime que la sécurité des signaleurs routiers n’est pas suffisamment mise de l’avant dans les différentes campagnes de sensibilisation de la sécurité au travail et sur la route.

« Au Québec, c’est comme si on frappait un chevreuil. Mais on n’est pas des chevreuils, on est des humains », poursuit M. Dionne.

Lois plus sévères

Le président de l’ATSRQ estime que Québec devrait suivre l’exemple du Minnesota, aux États-Unis.

« Au Minnesota, c’est 15 ans de prison si tu frappes un travailleur et 7500 $ d’amende au maximum. Le monde fait plus attention », cite M. Dionne en exemple.

La CNESST indique qu’il y a une présence soutenue sur les chantiers routiers avec des inspecteurs qui voient à la sécurité des travailleurs. Il y a également une priorité donnée à ce dossier, dans la planification pluriannuelle en prévention--inspection 2020-2023.

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« Le risque d’être frappé, coincé ou écrasé par un objet ou de l’équipement constitue l’un des cinq risques prédominants soit en termes de gravité, de fréquence ou de croissance de ce risque », souligne le porte-parole, Alexandre Dumont.

Il rappelle toutefois que les employeurs et les travailleurs ont aussi des obligations en matière de prévention, en référence à l’article 51 de la Loi sur la santé et la sécurité du travail (LSST).

De son côté, la SAAQ indique qu’une campagne de sensibilisation est en préparation.

« On va revenir avec une campagne radio cette année. On va aussi avoir des messages sur les médias sociaux en lien avec les travailleurs sur les chantiers routiers et corridors de sécurité », annonce Mario Vaillancourt, porte-parole. 


Nombre d’accidents impliquant un signaleur routier au Québec

2017 ▹ 60

2018 ▹ 76

2019 ▹ 81

2020 ▹ 104

2021 ▹ 161  

Source : CNESST

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