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Saguenay–Lac-Saint-Jean: des citoyens ciblés par une fraude

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Plusieurs résidents du Saguenay–Lac-Saint-Jean ont failli flancher face à des tentatives de fraude par courriel copiant un message de la Gendarmerie royale du Canada (GRC) et ont eu peur de se retrouver en justice, tellement la manœuvre semblait réelle. 

L’avocat criminaliste Jean-Marc Fradette a d’ailleurs reçu des dizaines d’appels de clients inquiets.

Le document affiche les armoiries de la GRC, celles du Canada et le logo de Postes Canada.

Il informe que la personne fait l’objet de plusieurs poursuites judiciaires, dont pédopornographie, pédophilie, exhibitionnisme et trafic sexuel. Les noms réels de la Commissaire de la GRC et du Procureur général du Canada sont utilisés.

Le document réfère à l’adresse véritable de la GRC à Westmount.

«Ils ne font que commencer leur phrase et j’allume tout de suite. Je leur dis calme-toi en partant. Ce n’est pas le premier qui m’appelle. Ce sont des “ranciels” que l’on voit de façon régulière», a expliqué Me Fradette, en racontant les discussions avec ces citoyens tendus.

Ceux-ci lui admettent qu’ils ont déjà consulté des sites pornographiques. Les gens plus connus sont particulièrement anxieux.

«Ils sont allés sur un site porno pour la plupart. Ils ont reçu ce document-là. Il y a une apparence de véracité. Ils sont connus. Ils ont encore plus peur. Ils veulent se renseigner. Qu’est-ce que je fais avec ça?», a-t-il souligné.

Et la missive ajoute que plusieurs éléments ont été enregistrés par un cybergendarme et constituent des preuves des infractions, mais qu’ils peuvent se justifier par courriel.

«Lorsqu’on contacte ces gens-là, ils vont vous demander de l’argent pour éviter les accusations et la publicité», a précisé le procureur.

Ceux qui l’ont appelé se sont vraiment questionnés.

«“Je n’ai pas vu de sites pour enfants, de pornographie. Mais quand même. Par accident, peut-être que j’ai touché un site pour enfants et là, on a trouvé mon adresse IP. Et là, on va m’accuser. Je vais me retrouver dans le journal...” Alors les gens paniquent. Si on parle d’accusation en matière de pornographie juvénile ou de traite de personnes et qu’en plus on dit qu’on va envoyer ça aux médias, il y a des gens qui ne réfléchissent pas et tout de suite, ils paniquent. Ils ont peur que ça puisse être vrai», a-t-il mentionné.

Mais il s’agit bien d’une arnaque.

«On fait allusion à des lois françaises avec des noms canadiens. Il y a un “melting-pot” qui ne tient pas la route», a noté l’avocat. «La police ne travaille pas comme ça. Il faut être clair. La police travaille beaucoup mieux que ça. C’est rare que la police vous avise par courriel [...] qu’ils vont peut-être vous accuser un jour. Ça ne marche pas.»

Il observe que les vagues de dénonciations sur les réseaux sociaux ont rendu des gens connus plus fragiles.

«Ils voient la publicité dangereuse que ça pourrait causer. Par exemple, des dirigeants d’entreprise, des PDG, des professionnels, des médecins. On est plus craintif avec tout ce que l’on a vécu depuis deux ou trois ans. MeToo et tous les sites anonymes de dénonciation», a-t-il indiqué.

Les fraudeurs n’hésitent pas à envoyer plusieurs courriels pour ajouter de la crédibilité à leur stratagème.

«La personne qui ne connaît pas le système judiciaire se dit “je n’ai pas répondu la première fois et on en renvoie un”. Ça donne un aspect de sérieux», croit Me Fradette.

Dans ces situations, il conseille aux citoyens de supprimer le courriel, car il peut contenir également des virus.

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