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Journalisme: à chacun sa vérité?

La collision des récits
Photo courtoisie

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Même si cette pratique a existé bien avant, la diffusion délibérée de fausses nouvelles – ce qu’on appelle la désinformation – a connu son heure de gloire, si l’on me permet cette expression, sous la gouverne de Donald Trump à la Maison-Blanche. 

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On ne compte plus le nombre de mensonges – 30 573 faussetés ou fake news en quatre ans, avance-t-on – que Trump lançait en pâture aux médias peu scrupuleux qui s’empressaient de les diffuser sans prendre la peine de vérifier l’authenticité des faits. 

Son prédécesseur, George W. Bush, n’a-t-il pas ordonné l’invasion de l’Irak sous le prétexte fallacieux que ce pays possédait des armes de destruction massive, causant ainsi des milliers de victimes et des dévastations sans nombre ? 

Aujourd’hui, Julian Assange est déporté aux États-Unis et il risque de finir ses jours dans un pénitencier pour avoir révélé au grand jour des horreurs commises par l’armée étatsunienne et qu’on tentait d’occulter.

Le journalisme, « contre-pouvoir » ou « quatrième pouvoir », est en crise, affirme Philippe de Grosbois dans son essai, et ce n’est pas seulement dû à l’irruption des médias sociaux dans nos vies. Néanmoins, l’aspect économique est un des facteurs importants de cette crise puisqu’une partie significative des revenus publicitaires qui alimentaient les journaux traditionnels s’est déplacée vers les plateformes du numérique. 

L’apparition, dans la sphère publique, entre autres sur les réseaux sociaux, de tribuns de droite, porteurs de messages complotistes, a suscité une méfiance envers les journalistes et contribué indéniablement à cette crise. 

Mais la droite n’est pas la seule à miner la crédibilité du journalisme traditionnel. La critique surgit aussi au sein même de la profession, de la part de journalistes appartenant à une certaine gauche dite radicale. 

« Personnes racisées, LGBTQ+ ou appartenant à des catégories marginalisées interrogent la possibilité même d’un journalisme objectif, qui serait le privilège de journalistes appartenant aux catégories dominantes de la société. » 

Ce nouveau discours culpabilisateur s’entend aussi à l’université, entre autres. Pourtant les faits sont têtus, comme disait un certain Lénine, et leur teneur n’a rien à voir avec le sexe ou la couleur de peau de celui ou celle qui les rapporte.

De Grosbois retrace les grands moments du journalisme depuis les débuts des médias d’information de masse, à la fin du XIXe siècle et au début du XXe siècle. 

Le journalisme n’est pas imperméable aux époques dans lesquelles il évolue, souvent pris en tenaille entre le discours radical de gauche et les courants néoconservateurs de droite. 

Les faits contre le ressenti

On ne peut nier que les médias sociaux sont venus bouleverser la donne et nuire, en quelque sorte, aux médias traditionnels, et pas seulement au plan financier. 

Ils entretiennent un rapport différent au travail d’information, n’étant soumis à aucun code d’éthique ou professionnalisme, et « contribuent à la propagation de contenus médiocres et néfastes pour le débat public, puisque ces médias ne font pas le travail d’édition et de vérification inhérent au métier de journaliste », préférant le « ressenti » aux faits. 

Avant de partager une nouvelle, il conseille de réfléchir 30 secondes, le temps d’en vérifier la source, et de faire preuve d’esprit critique.

L’influence des médias est énorme, mais ils peuvent aussi se tromper comme on l’a vu avec l’élection de Donald Trump, que personne n’avait vue venir. 

Malheureusement, et on le voyait venir, l’auteur prêche pour sa paroisse et s’enfarge souvent dans les fleurs du tapis. 

Sa perception de « phénomènes tangibles » le pousse à affirmer qu’il existe un racisme systémique au Québec. 

Je ne suis pas partie prenante du gouvernement Legault ni membre de « mouvances antidémocratiques ou fascistes », mais ma lecture du réel québécois est tout autre. 

Il y a quelques années, la revue Marianne titrait : « Au Québec, la gauche radicale [dont fait partie l’auteur], les libéraux et les intégristes font alliance contre la laïcité ». Finalement, est-ce que ça existe un « observateur impartial » ?

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