/finance/business
Navigation

Le caractère francophone de Montréal a joué en sa faveur

Moderna Mtl
Photo Chantal Poirier François Legault, lors de l’annonce de l’implantation d’une usine de Moderna au Québec. En arrière-plan, le premier ministre canadien Justin Trudeau, vendredi, à l’Université McGill.

Coup d'oeil sur cet article

Plusieurs facteurs ont fait pencher la balance vers Montréal en vue d’attirer la pharmaceutique américaine Moderna, même le caractère francophone de la métropole. 

Le premier ministre François Legault n’a pas manqué de le souligner en précisant que le patron de l’entreprise Stéphane Bancel est originaire de Marseille, ce qui amène une proximité naturelle avec Montréal. 

« Je suis certain que ça lui fait plaisir de venir passer un peu de temps au Québec, en français », a lancé, M. Legault. 

« En tant que francophone et admirateur du Canada et du Québec, c’est toujours un grand plaisir pour moi que de visiter cet endroit vraiment magique », a souligné M. Bancel en guise de réponse. 

Des liens profonds

Plus tard en entrevue avec Le Journal, le principal intéressé a avoué que le fait que la métropole soit francophone a été un élément de cœur. 

« Ç’a été un petit plus, parce que nous sommes une société, donc on a des critères bien définis, économiques, etc. Mais c’est vrai que c’est une région à laquelle je suis attaché, moi, personnellement, étant Français », a affirmé M. Bancel. 

Les liens entre l’entreprise du Massachusetts et Montréal sont d’ailleurs multiples. Le président du conseil d’administration de Moderna, Noubar Afeyan, est Canadien et a étudié à l’Université McGill. 

Fort secteur des sciences de la vie

Du côté des éléments plus rationnels, Montréal avait toutes les cartes en main pour être capable de courtiser la pharmaceutique. Le Québec a un fort secteur des sciences de la vie – avec quatre facultés de médecine – qui concentre 50 % de la recherche au Canada.

« Il y a un tissu académique très fort à Montréal. On veut ouvrir un réseau qui permette de faire de la collaboration notamment avec McGill », a dit M. Bancel. 

M. Legault croit aussi que le rapprochement entre les universités et les entreprises peut être bénéfique dans certains cas, rappelant un voyage à Stockholm en Suède à l’époque où il était ministre péquiste. 

« Je leur avais demandé comment vous faites pour mettre ensemble l’Université de Stockholm et les entreprises [...]. Vous ne vous faites pas accuser de mettre les universités au service des méchantes entreprises ? La réponse avait été claire. Ça fait 25 ans que c’est réglé en Suède. Tout le monde a compris que mettre ces joueurs-là ensemble, ça crée de la richesse », a-t-il affirmé. 

Le patron de Moderna croit d’ailleurs que Montréal pourrait devenir un joueur majeur dans le secteur des sciences de la vie. 

« Ce n’est pas un des quatre ou cinq endroits les plus cotés au monde, mais il y a tout pour y arriver. Il y a un beau potentiel scientifique et académique, mais aussi hospitalier », a conclu M. Bancel.  

Une victoire pour le Québec  

Stéphane Bancel, directeur général de Moderna
Photo Chantal Poirier
Stéphane Bancel, directeur général de Moderna

Ottawa et Québec ont officialisé vendredi matin la construction à Montréal de l’usine de Moderna, la seule à l’extérieur des États-Unis, une victoire pour le Québec, a lancé, triomphant, le premier ministre, François Legault. 

La pharmaceutique américaine était aussi courtisée par l’Ontario, mais c’est l’offre de Québec qui lui a semblé plus appétissante. 

« Ça me fait plaisir de dire que le Québec a gagné la bataille pour l’usine de Moderna », a déclaré M. Legault. 

Les détails de l’entente n’ont pas encore été dévoilés, mais le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon a indiqué qu’ils seront rendus publics prochainement.

Usine et Centre d’excellence

Officiellement, l’investissement est évalué à 180 millions $, mais lors des prochains mois, ce chiffre sera beaucoup plus important, nous a confié une source gouvernementale.

Moderna va implanter un « centre d’excellence » et une usine où l’on produira 30 millions de doses de vaccins ARN au départ, pour atteindre jusqu’à 100 millions de doses par année une fois le projet arrivé à maturité. Le PDG a parlé d’une « entente stratégique » de dix ans. 

La construction de l’usine devrait être terminée en 2024 et de 200 à 300 personnes devraient y travailler. Sa localisation n’a toujours pas été dévoilée. 

La pandémie actuelle a mis en lumière la vulnérabilité du Canada lors de tels événements. Le gouvernement fédéral souhaitait donc avoir plus de contrôle sur la production de vaccins et être moins dépendant d’autres pays.

« Que ce soit contre la COVID-19 ou d’autres maladies, les vaccins sauvent des vies. C’est important d’avoir des installations et une capacité de production à la fine pointe de la technologie », a souligné le premier ministre du Canada Justin Trudeau.

-Avec la collaboration de Raphaël Pirro, Agence QMI

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.