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Les effets sournois de l'emprise

Mélissa da Costa
Photo courtoisie, Eva Nièpce

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Écrivaine très appréciée de ses fans, Mélissa Da Costa examine le passage de la jeunesse à l’âge adulte, les relations amicales, les liens amoureux toxiques et les effets sournois de l’emprise dans son nouveau roman, Les douleurs fantômes. Faisant réapparaître des personnages du roman Je revenais des autres, qui se retrouvent cinq ans plus tard, elle montre à quel point certaines choses changent avec le temps, et pour le mieux... et d’autres pas. Et que l’heure est aux questionnements sérieux.

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Rosalie, Gabriel, Tim, Anton et Ambre formaient un groupe d’amis très unis, très soudés, jusqu’à ce qu’un drame les éloigne les uns des autres. Cinq ans plus tard, un appel au secours lancé par Rosalie va les réunir de nouveau. Les retrouvailles sont difficiles.

Les promesses

Chacun de leur côté, ils doivent se questionner sur leur cheminement personnel. Mènent-ils vraiment la vie dont ils rêvaient ? Sont-ils avec la bonne personne ? Mélissa Da Costa, avec une grande authenticité et un talent extraordinaire pour dépeindre la palette des émotions humaines, montre qu’il n’est jamais trop tard pour changer de vie. 

« Quand j’ai terminé Je revenais des autres, le roman précédent, pour moi, ça se terminait. Le groupe d’amis qui s’étaient rencontrés lors d’une saison d’hiver à la montagne se séparait sur un quai de gare et se promettait de se revoir. Ça s’est terminé comme ça, et pour moi, ça n’appelait pas forcément de suite. En fait, les personnages continuaient de me tourner dans la tête, de me hanter un petit peu. J’y pensais beaucoup. »

Une question revenait en boucle dans son esprit : et si ça ne se passait pas comme prévu ? 

« On a tous fait l’expérience d’amitiés qu’on va nouer de façon très éphémère, sur un lieu de vacances, ou quand on part faire ses études. On se fait toujours des promesses. On a 20 ans et on s’imagine que nos chemins vont se recroiser. Et en fait, la vie nous apprend souvent qu’on peut se perdre de vue, que les promesses peuvent ne pas être tenues et il y a toujours des petits accidents de la vie qui nous éloignent de certaines personnes. »

« J’avais envie d’explorer le thème de la jeunesse, des promesses et des illusions, et de l’âge adulte, des premiers soucis, qui vont nous éloigner, nous séparer. C’était ce point de bascule entre la jeunesse et l’âge adulte, les responsabilités, que je voulais vraiment explorer dans ce roman. »

L’emprise destructrice

Bien sûr, Les douleurs fantômes est un roman sur les liens d’amitié et sur les liens amoureux, mais c’est aussi un roman sur l’emprise, la maladie mentale, et l’impact que peut avoir un conjoint qui déraille complètement. C’est ce que vit un des personnages, Cécile.

« Son partenaire était violent physiquement, mais ce qui m’intéressait vraiment, c’était l’emprise, qui n’est pas forcément physique. L’emprise peut être psychologique, émotionnelle, verbale et ça crée un lien de dépendance. Cécile, qui est meurtrie, prend quand même la défense de son mari. Elle se sent presque le devoir de le protéger lui-même de sa maladie. Il y a vraiment un lien de dépendance très toxique qui se met en place. »

Retours

Mélissa Da Costa a beaucoup de retours touchants de lecteurs au sujet de ce roman. 

« Ça les touche intimement. Ça fait beaucoup écho à leur vie, à des drames qu’ils auraient pu vivre ou même à des questionnements qu’ils peuvent avoir, des doutes. »

« Beaucoup de lecteurs m’ont dit qu’ils étaient à un croisement, dans leur vie, et se posaient des questions, qu’ils hésitaient, mais que le roman leur a apporté un peu de courage. D’autres, au contraire, se sont mis à douter encore plus sur leurs relations, sur leurs choix. Ça vient questionner, en tous cas ! » 

EXTRAIT  

Mélissa da Costa
Photo courtoisie

« - Tu n’aurais pas eu des nouvelles de Gabriel... récemment ?

Un silence un peu lourd tomba.

- Qu’est-ce qu’il y a, Rosalie ? Il est parti ? chuchota Ambre très vite.

– Non. Non, enfin... ça ne fait que quelques jours...

- Vous vous êtes disputés ?

- Non ! répliqua Rosalie avec ferveur. C’est pour ça que je ne comprends plus rien !

- Attends, explique-moi.

Ambre prit place sur le canapé, au milieu des gros ouvrages que Marc remplissait d’annotations des heures durant.

- Il y a trois jours, je suis rentrée de l’école avec les deux petits et Gabriel n’était plus là. Il y avait un mot sur la table. » 


  • Mélissa Da Costa est l’auteure de Tout le bleu du ciel, Les lendemains et Je revenais des autres.  
  • Ses romans ont été vivement acclamés et ils ont conquis plus d’un million de lecteurs.  
  • Elle termine en ce moment l’écriture d’un nouveau roman qui sera publié l’automne prochain.  
  • Elle n’a jamais visité le Québec, mais aimerait beaucoup ça !  
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