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L’influence du rang dans la famille

cute happy redhead siblings, brother and sister having fun together, playing at home
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Films, romans et séries télévisées explorent abondamment le thème des relations et rivalités entre frères et sœurs. Si la fratrie en fascine plus d’un, cet intérêt renforce aussi parfois certains clichés, comme celui de l’aîné responsable... ou du benjamin immature. Et que dire du cadet jouant du coude entre les deux ! Au-delà des clichés et idées reçues, quel est l’impact réel de notre rang au sein de la famille ?

Notre conception stéréotypée des différents rôles de la fratrie vient en partie d’un passé pas si lointain : celui d’un Québec aux familles nombreuses, où l’aîné des garçons travaillait auprès du père à la ferme, tandis que l’aînée des filles, parfois très jeune, devenait la « seconde mère » de ses frères et sœurs. 

La famille et ses nouvelles réalités

En l’espace de quelques décennies seulement, tout cela s’est toutefois transformé. Non seulement les familles sont désormais plus petites, mais de nouveaux modèles ont émergé, dont celui de la famille recomposée. Dans ce dernier exemple, l’enfant qui était jadis l’aîné peut ainsi devenir le cadet ou le benjamin dans son nouveau noyau familial. La dynamique au sein des familles recomposées est aussi forcément différente : les enfants partagent-ils souvent, peu, ou pas du tout le même toit ? Et qu’en est-il des enfants uniques ? Toutes ces nouvelles réalités viennent assurément changer la donne !

Au-delà du rang familial, plusieurs facteurs en jeu

Cela dit, il est vrai que notre rang dans la famille peut souvent s’accompagner d’un rôle (le responsable, le bouffon, l’artiste, le sportif, le mouton noir, etc.). Ce rôle est parfois aussi renforcé par les parents et les autres membres d’une famille, même inconsciemment et, au fil du temps, il devient difficile d’en sortir... même à l’âge adulte ! Mais il faut se méfier des étiquettes : l’être humain étant ce qu’il est, aucun individu ne saurait se résumer qu’à un seul titre, qu’à une seule réputation, qu’à une seule dimension ! 

D’autres facteurs comptent en effet pour beaucoup, comme l’environnement familial. Évolue-t-on au sein d’une famille nombreuse, ou petite ? Doit-on prendre rapidement beaucoup de responsabilités, ou bénéficie-t-on plutôt d’une grande liberté ? Éprouvons-nous des limitations physiques, psychologiques ou intellectuelles ? Dans ce dernier cas, un enfant qui a une sœur ou un frère vivant avec un handicap aura souvent tendance à se responsabiliser beaucoup plus rapidement dès son jeune âge. La dynamique de notre famille contribue aussi à la trajectoire de chacun. Beaucoup évoluent dans des milieux sains et sécuritaires, d’autres plus instables ou défavorisés, ou parfois encore, abusifs ou violents. 

Au sein d’une même famille, le rôle de chacun peut aussi être appelé à changer du jour au lendemain. Par exemple, si l’un des deux parents devait tomber malade ou mourir subitement, l’aîné de la famille pourrait aussitôt devoir prendre la relève et combler un rôle de « parent ». L’arrivée du cadet entraînera à son tour une nouvelle dynamique : un nouvel enfant nécessitera plus de soins et d’attention en bas âge et exigera une certaine priorité, et l’aîné devra se résoudre à partager sa place. N’oublions pas que l’aîné est le seul des enfants à avoir reçu l’attention exclusive de ses parents, et que des jumeaux n’ont jamais connu cette exclusivité ! 

Il faut aussi tenir compte de la différence d’âge entre les enfants. Plus l’écart entre ces derniers est important, plus l’aîné apparaîtra compétent : il sait lire, courir plus vite, grimper aux arbres, bref, il deviendra un modèle par la force des choses. Certaines personnes avancent même que la place des aînés stimule en eux l’esprit d’entreprise et le sens des responsabilités, ce qui expliquerait leur présence à la tête de différentes organisations, alors que les cadets afficheraient un tempérament plus rebelle, cherchant à accélérer les changements sociaux. 

Quant au « petit dernier », le benjamin, il sera souvent perçu comme « le bébé » même à l’âge adulte ! Cette image s’explique parfois par le comportement des parents, sachant qu’il ou elle sera le dernier ou la dernière de la lignée. Ils veulent alors profiter pleinement de cette dernière expérience de paternité ou de maternité. 

Méfions-nous des généralités 

Si ces exemples n’ont rien de fantaisiste, ils ne constituent pas pour autant des réalités généralisables, ni encore immuables. La pluralité des modèles, la multiplicité des événements qui transforment la vie de chacun et la dynamique familiale démontrent bien que notre rang dans une fratrie est bien loin d’être le seul élément à déterminer notre personnalité, et notre existence. D’autant que notre trajectoire personnelle sera aussi déterminée par plusieurs autres facteurs, dont nos traits de personnalité, nos forces et nos faiblesses... 

Oui, on restera peut-être l’aîné, le cadet ou le benjamin de la famille jusqu’à la fin de nos jours, mais donnons-nous aussi la liberté de nous affranchir des étiquettes qui nous ont été attribuées, volontairement ou non, dès la naissance. 

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