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Réalisme vert ou manque de courage?

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Benoit Charette, qui a dévoilé de nouvelles mesures de réduction de GES, jeudi, offre une approche méthodique, mais va-t-il assez loin?

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Même si les caquistes partent avec une couple de prises au bâton en matière d’environnement, ils ne cherchent pas à épater la galerie avec de nouvelles prévisions qui seraient difficiles à atteindre. Bravo pour le réalisme. Mais ils pourraient aussi aller plus loin.

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En entrevue avec notre Bureau parlementaire avant la présentation de la nouvelle mouture de son plan pour une économie verte, le ministre Benoit Charette a insisté sur le caractère « inédit » de sa démarche « rigoureuse ».

Son gouvernement a identifié et budgété des mesures permettant pour l’instant d’atteindre 51 % de son objectif de réduction des gaz à effet de serre en 2030.

Il y a un peu plus d’un an, c’était 42 % des moyens qui avaient été ciblés.

S’il continue de progresser d’un peu plus de 6 % par année, le Québec pourrait atteindre la cible, même mené par un gouvernement qui ne cesse de s’attirer des foudres en matière d’environnement et de protection de la biodiversité.

La CAQ a le don de susciter le scepticisme. 

Elle s’est présentée devant l’électorat en 2018 sans véritable plan vert.

Le même jour où le ministre de l’Environnement présentait ses nouvelles mesures, jeudi, entrait en vigueur une nouvelle norme permettant de rejeter davantage de nickel dans l’air quotidiennement au Québec.

Et il est un peu rigolo de voir Benoit Charette, qui débite sa vision comme un prêtre récite la messe du dimanche sur le pilote automatique, être celui devant incarner l’idée d’un certain dynamisme en la matière.

Méthodique

Toutefois, l’approche est méthodique. Québec construit brique par brique son plan en chiffrant le coût des mesures qu’il met en place. 

« Comme un budget », nous dit le ministre, qui doit se montrer convaincant et mettre ses collègues dans le coup, notamment ceux de l’Économie et des Finances.

Puis il ne tente pas de redorer son blason vert avec des prédictions spectaculaires.

Même si le gouvernement caquiste déplie 1,3 milliard pour aider à la transformation des procédés de nos usines, Charette estime de façon prudente que ça entraînera une diminution de 5,6Mt.

S’il mettait les mêmes lunettes roses que le gouvernement fédéral, notamment quant à l’apport de l’aluminium plus vert dans les prochaines années, le caquiste pourrait déjà enjoliver davantage son plan de mise en œuvre.

Il faut dire aussi que le gouvernement caquiste a mis sur les rails des projets de transport collectif totalisant 55 milliards $ sur 10 ans.

Et que la transformation graduelle du parc d’autobus en véhicules électriques deviendra particulièrement payante au tournant de 2025-2026.

Écofiscalité

Mais il règne assurément une impression que les Québécois seraient prêts à aller plus loin, tellement l’urgence climatique ne fait pas de doute.

Benoit Charette écarte complètement l’idée d’imposer une nouvelle taxe à l’achat de gros cylindrés.

Peut-être parce que la CAQ s’est engagée à ne pas hausser les tarifs ou les taxes plus que l’inflation durant son premier mandat.

En entrevue, le ministre n’évoque pas cet engagement, mais soutient que les Québécois qui choisissent un véhicule plus énergivore paient déjà largement leur part avec les taxes sur l’essence à la pompe.

Vrai aussi que, présentement, les familles sont déjà durement touchées par l’inflation.

« J’ai un besoin constant de l’adhésion des gens », a-t-il plaidé.

Mais plus le temps passe, plus les derniers pourcentages de réduction de GES seront difficiles à atteindre au Québec.

Je vois mal comment on pourra y arriver sans instaurer davantage d’écofiscalité.

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