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La fin des faible: le pouvoir des mots

5 questions à Rosalie Dumas, productrice au contenu de La fin des faibles

La fin des faibles
Photo courtoisie, Félix Renaud

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Depuis près d’une vingtaine d’années, Rosalie Dumas vogue au gré des projets carburant au contenu et aux rencontres fascinantes qu’elle y fait. 

Rosalie Dumas
Photo d'archives, Agence QMI
Rosalie Dumas

Recherchiste ou productrice au contenu sur des émissions souvent culturelles dont L’effet wow, La belle tournée ou des Galas Artis, elle se distingue aussi comme juge aux auditions ou responsable de casting sur de gros shows comme La Voix, Star Académie et même Les petits tannants. La fin des faibles est un bon exemple de son désir de découvrir le monde, nous donnant accès à un univers qui fait briller les mots et gagne à être connu.


Faire le casting d’un projet comme La fin des faibles doit nécessiter une immersion dans l’univers du rap. Comment t’y es-tu prise pour choisir les candidats ?

Au départ, pour la première saison, j’ai eu besoin d’une mise à jour afin de parfaire mes connaissances en rap. J’étais accompagnée des quatre gars de End of the Weak qui organisent des soirées où des rappeurs viennent se soumettre à des épreuves. Ils avaient approché Urbania pour faire une émission et ont été avec nous tout au long des auditions. Ma mission pour ce show comme pour toutes les émissions sur lesquelles je fais le casting reste la même : trouver des gens attachants, captivants dont on va vouloir en savoir plus. Ils devaient aussi avoir un niveau de créativité très élevé. On le dit souvent, c’est une compétition de relève et de renom. Cet équilibre est important. 


L’émission prouve qu’il n’y a pas qu’un « modèle » de rappeur. Était-ce un critère de sélection ?

Au départ, ce qui importe ce sont les textes, le propos, le contenu. Des gens ont peut-être une image limitée un peu bling-bling et plus rough du rap. Mais comme l’a dit Biz lors de la première émission, les meilleurs auteurs sont sans aucun doute des rappeurs. Ce sont des artistes qui font briller la langue, le français. Leurs parcours sont différents. Des gens comme Aurée ou Helmé décloisonnent le rap. Aurée ne vient pas de la scène rap, mais plutôt du théâtre et de la musique. C’est en regardant la saison 1 et par amour des mots qu’elle s’est inscrite. Helmé est un prof de sociologie engagé. Il avait fait la saison 1 et est revenu cette année. En toute humilité, La fin des faibles fait un travail d’éducation.


Quels changements ont été entrepris pour la saison 2 ?

L’année dernière, on avait moins le temps de s’attacher aux candidats. On l’a plus structuré comme une compétition. On cherche un rappeur complet qui sait improviser, faire de l’a cappella, être sur le beat. Le débit est un art. La présence scénique est importante. Nos huit candidats sont là tout au long de la saison. On peut les connaître davantage, apprécier leur travail et leurs valeurs. On mise sur leur polyvalence, ils prennent confiance. On a donc accès au meilleur. C’est beaucoup de pression sur le casting. La structure est différente aussi. Avec une thématique unique par émission, le public peut mieux apprécier l’univers, le côté plus personnel. Et on rajoute un système de points, ce qui permet au public de mieux comprendre les votes des juges.


Nous sommes dans une ère de revendications sociales. Le rap est le meilleur style pour évoquer ce qu’on vit. Les candidats se préparent-ils en ce sens ?

En rap, les textes revendicateurs passent bien, sont mordants, percutants. Chaque mot est tellement mis de l’avant. Certains ont un style plus personnel, d’autres, plus engagé. L’authenticité et la cohérence sont importantes. Les candidats savent à l’avance qu’ils auront des textes à livrer. Ils ont seulement une répétition et on enregistre. Mais pour l’improvisation ou MC vs DJ ils ne peuvent pas se préparer. C’est extrêmement casse-cou.


Que pensent les juges des candidats ?

Fouki a dit qu’il ne ferait pas d’impro quand il est venu comme juge invité. Souldia et Koriass ont avoué qu’ils auraient aimé écrire certains passages, se sont dits jaloux. Sarahmée me racontait que dans son entourage, elle sent un plus grand respect pour l’art et le processus créatif. Tous ont beaucoup d’admiration pour les candidats. Il faut être agile avec la langue, créer des figures de style. Faire du rap demande aussi une grande culture. Faire référence à l’actualité, c’est admiré.


► La fin des faible Mardi 22 h ou samedi 20 h à Télé-Québec

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