/opinion/columnists
Navigation

Syndicaliste et fier de l’être

Construction masques
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Des travailleurs de la construction sont photographiés sur un chantier, à Montréal, en mai 2020.

Coup d'oeil sur cet article

Le 1er mai est célébré dans plusieurs pays comme la journée internationale des travailleurs.

La date retenue correspond au début de l’année fiscale des entreprises étatsuniennes à la fin du XIXe siècle et rappelle les luttes ouvrières pour l’obtention d’une journée de travail de huit heures.

La journée évoque aussi les luttes menées par les ouvriers étatsuniens dans la région de Chicago, en se remémorant que certains y laissèrent leur vie pour arriver à cet objectif si sensé.

J’ai visionné dernièrement la série Germinal, tirée du roman d’Émile Zola publié à la même époque. On prend encore plus conscience de la maltraitance des ouvriers et de leur colère pour changer les choses.

Quand toute la famille devait descendre dans la mine, que les morts s’accumulaient et qu’elle peinait à nourrir toutes les bouches, la révolte est devenue légitime. Le train de vie des propriétaires et des dirigeants exacerbait encore plus la rage.

Les syndicats sont nés de la volonté des travailleurs de s’organiser pour contrer cette exploitation exagérée de leur force de travail.

Ils veillent aux intérêts socioéconomiques et professionnels de leurs membres tout en améliorant leurs conditions d’exercice.

Leurs luttes ont rejailli sur l’ensemble de la société, car elles favorisent de meilleures façons d’assurer des services ou des productions de qualité.

Les luttes ouvrières ont également été profitables aux non-syndiqués dans l’évolution de leurs conditions de travail.

Nous ne sommes plus à l’époque de Germinal ou du « Haymarket Square », et c’est tant mieux. Il ne faudrait toutefois pas oublier le passé, si nous ne voulons pas être condamnés à le revivre.

La nécessité d’être organisé

Il y a des gens qui prétendent que les syndicats ne sont plus nécessaires aujourd’hui. C’est d’ailleurs un refrain que j’entends depuis au moins 50 ans.

Pourtant, les entreprises industrielles, manufacturières et commerciales et le patronat se regroupent au sein de différentes fédérations pour faire valoir leurs intérêts et faire du lobbying derrière des portes closes.

Comment pourrait-on reprocher aux travailleurs de se syndiquer et de porter leurs revendications dans une voix commune en toute transparence ?

Les syndicats dérangent beaucoup d’entreprises, car ils constituent un frein à une profitabilité exagérée. Certaines entreprises ont même recours à des firmes spécialisées pour les casser.

Ils dérangent également des politiciens qui tolèrent mal les contre-pouvoirs, au point de vouloir les neutraliser ou de les faire disparaître.

Bain de réalité

Personne n’aurait l’idée de faire sauter les digues de La Nouvelle-Orléans sous prétexte que les basses terres ne sont plus inondées.

On peut appliquer l’analogie aux syndicats, qui constituent un rempart contre l’arbitraire et l’exploitation patronale. Ils ont une certaine puissance comme plusieurs autres groupes sociaux, mais ils sont toutefois loin d’être tout-puissants comme les oligarques financiers multimilliardaires.Il n’y a pas de syndicats ou de dirigeants syndicaux à travers le monde qui soient multimilliardaires. Au contraire, les organisations font beaucoup avec peu.

Bonne fête des Travailleurs !

Commentaires

Vous devez être connecté pour commenter. Se connecter

Bienvenue dans la section commentaires! Notre objectif est de créer un espace pour un discours réfléchi et productif. En publiant un commentaire, vous acceptez de vous conformer aux Conditions d'utilisation.