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Guy nous a entendus avant de partir

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Guy Lafleur est parti en paix.

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La vie humaine est courte et fragile. Mais en général, il s’avère que nous ne savons ni mourir ni nous faire nos adieux.

Guy Lafleur, l’une de nos étoiles nationales, vient de partir en paix. Des hommages, il en aura reçu et entendu plusieurs. Et c’était une excellente chose à faire de son vivant.

C’est une façon de faire qu’il faudrait systématiquement reproduire au sein de nos familles et de nos amitiés avant le grand départ, car il se trouve qu’en général, pour nos proches, nous n’avons pas toujours le réflexe de dire « merci » ou de leur témoigner notre amour de leur vivant.

Nos peurs et nos tabous

De deux choses l’une : soit nous croyons que nos proches verront et entendront nos élans affectueux « au-delà » de notre monde, auquel cas, nous croyons qu’il existe une vie au-delà de la mort et que ceux qui partent pourront nous voir et nous entendre ; soit nous croyons qu’après la vie, c’est le néant, et dans ce cas, nous versons des larmes et débordons d’affection pour nous-mêmes, car nous prenons ou reprenons conscience à ce moment-là que la vie n’est pas éternelle...

La peur de la mort est encore très répandue et demeure un sujet tabou. Cependant, avec les découvertes et les connaissances accumulées au fil des générations, il serait pertinent de démystifier nos peurs et nos tabous qui relèvent des temps et des dogmes obscurantistes.

Il serait utile de parler de la finalité de la vie et de celle de la mort comme nous le faisons quotidiennement au sujet de la pluie et du beau temps, ainsi que de l’alternance des saisons.

Parler avec sérénité et sans tabous de la vie et de la mort de façon objective et rationnelle nous permettra peut-être, à la longue, de mieux nous focaliser sur l’essentiel dans l’existence, de mieux nous apprécier, de mieux nous aimer et de mieux nous pleurer dans la vie avant qu’il ne soit trop tard.

À tous ceux qu’on aime

C’est le titre de l’une des chansons du chanteur français Frédéric François. Sur le fond du message, c’est fort bien exprimé.

« [...] Un jour, il suffira / D’un simple geste / Et d’entendre vos voix / Pour que ma vie s’éclaire / Dans une lumière / Qui m’accompagnera / Il faut dire je t’aime / À tous ceux qu’on aime /Tant qu’ils sont vivants, vivants / Il faut dire je t’aime / À tous ceux qu’on aime... / Tant qu’ils sont vivants, vivants. »

Pensez-vous que nos proches qui transitent n’apprécieraient pas de vivre, « vivants », de potentielles effusions de reconnaissance, d’affection et d’amour ? S’ils savent de leur vivant tout ce qui se dit ou se fait de positif pour eux, ne pensez-vous pas que le moment venu, ils transiteront avec un débordement de paix à l’âme ?

Une fois nés, tous sans exception, nous nous trouvons dans l’antichambre de la mort. Et idéalement, ce n’est pas le jour de leur mort qu’il faut aimer ou pleurer les gens, mais à l’heure de leur naissance et tout au long de leur vie, car après il est trop tard.

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